J-40

Long time no see, comme on dit… il faut dire que depuis mon dernier article il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie privée qui m’ont un peu bousculée (rien de fatal, alors je vous épargne les détails). Donc je n’ai pas eu le loisir de me consacrer à ce journal.

Pourtant, le temps passe et la date fatidique de l’examen final approche… Cette date qui, par ailleurs, rendra l’objet de ce blog peut-être un peu obsolète…

Le 12 Novembre.

Avec l’obtention du certificat, est-ce la fin de ce blog? je ne le sais pas encore… en tous les cas, faut-il encore que je réussisse!

Ce qui est sûr c’est qu’il me tarde d’en avoir terminé avec cette très très longue formation, même si j’appréhende aussi un peu sa fin. Pour l’instant je me sens soutenue dans ma pratique, grâce à la motivation du groupe et par la structure même de la formation, entre les devoirs, les examens écrits, les semaines et week-ends de formation et la pratique avec les collègues. Mais quid de l’après? arriverai-je à maintenir une pratique durable sans carotte (autrement dit « vairagya ») et surtout sans me faire dépasser par le train-train quotidien? Ce qui est sûr c’est qu’après, c’est le grand saut.

Bref, une bien longue introduction à ce post qui se veut surtout être une « update » depuis le dernier article de début juin. Ne vous attendez donc pas à y trouver des nouveaux dessins/notes de séminaire. C’est pas que j’ai chômé, au contraire, mais je ne peux pas vraiment publier les dessins pour le projet de livre dont je parlais précédemment (mais je vais quand même le faire, histoire de pas perdre mon lectorat).

Bien. Où en étions nous restés? fin mai, je célébrais mon succès à l’examen d’anatomie. Et en ce début du mois d’octobre, je me sens libérée d’avoir passé l’écrit de philosophie… un véritable challenge pour quelqu’un dont l’allemand n’est pas la langue maternelle.

Le sommet du yoga contre le G20

Mais entre l’anatomie et la philosophie,  il s’est évidemment passé beaucoup de choses palpitantes que je n’ai pas relatées ici et que je vais résumer ci-dessous pour mémoire.

Si vous me suivez sur FB ou sur instagram, vous n’avez pas pu louper quelques vidéos de #bridgestohumanity, une manifestation pacifique des yogis de Hambourg en réaction au sommet du G20. J’ai eu le privilège de guider les salutations au soleil à 600 yogis rassemblés sur un pont au dessus de l’Alster à 7 heures du matin. Si vous voulez rigoler, vous pouvez me voir dans cette vidéo parler en Allemand a télé locale.

Pour en savoir plus sur cette initiative #bridgestohumanity

Sneak Peak

Les semaines qui ont suivi et avant mon départ pour les grandes vacances annuelles dans la famille à Nice, j’ai bien avancé mon boulot d’illustration, et n’étais pas peu fière de mon mur aimanté au bureau:

Day 2 – running out of magnets . . . #yoganotes #yogasketch #yogadrawing #iyengaryoga #yogabook

Une publication partagée par Fanny (@iyengaryoganotes) le

Et puis la langueur estivale a eu raison de mes bonnes dispositions et la reprise a été si rude que je n’ai pas eu beaucoup de temps pour les dessins et pour ce blog. En fait, c’est aussi une des raisons pour lesquelles il me tarde de finir la formation: avoir enfin plus de disponibilité pour ce projet.

Vacances à Nice

Comme chaque été, je suis à Nice pour les vacances, et comme chaque année c’est la période où l’institut de yoga Iyengar est fermé. Mais cette fois-ci j’ai eu un peu plus de chance et j’ai pu assister, avant la fermeture annuelle, à deux cours donnés par des élèves de Christian Pisano dans la belle salle chaleureuse aux murs lambrissés de bois. J’ai été très impressionnée par mes deux profs !

J’ai aussi eu l’occasion de travailler avec Ophélia, et je ne la remercierai jamais assez des très bons conseils et des encouragements qu’elle m’a encore donnés pour l’exam.

Bob

IMG_4216

là je me fais corriger en parvrtta trikonasana pendant environ 30 minutes (temps ressenti).

Et puis, la rentrée à Hambourg. Enchainée directement, la semaine de formation avec Bob. C’était intense mais comme la dernière fois on y a appris beaucoup de choses très précieuses et en plus dans la bonne humeur. Contrairement à mon habitude, j’ai pris beaucoup de notes pendant les cours, mais je n’ai rien mis au propre.

yoga.wasser.klang

Enfin, mi-septembre,  j’ai participé comme prof au festival « yoga.wasser.klang« . C’est un tout petit festival qui réunit artistes, musiciens et yogis locaux (ici pas de superstar californienne du yoga), loin des clichés de « wanderlust » et autres festivals hyper commerciaux. J’ai donc eu l’occasion de donner un cours en plein air, accompagnée par une harpiste. C’était un peu décalé pour une yogi Iyengar, mais aussi très chouette de sortir de son cadre -parfois rigide- et rencontrer des yogis venus d’autres univers.

Conclusion

Il me reste 40 jours pour être prête, to-do list:

– éviter de s’éparpiller
– ne pas se blesser
– ne pas tomber malade
– ne pas avoir ses règles le 12 novembre
– pratiquer !!!

Enregistrer

Enregistrer

update! Anatomie et projets

Je n’ai plus rien écrit sur ce journal depuis notre retour de Pune. Pourtant c’est pas que j’ai chômé.

Au contraire.

Atelier « Best or Pune »

Alors par quoi commencer? Peut-être, tout simplement dans l’ordre chronologique. Si vous me suivez sur Facebook, vous avez peut-être vu passer le flyer pour un mini-workshop que mon amie Claudia et moi avons donné à la suite de notre voyage en Inde: « best or Pune » qu’on l’a intitulé.

best-of-pune-flyer

Tout inspirées que nous étions par Abhijata, le workshop portait sur 4 points qui sont revenus tout au long de la semaine intensive, dont celui illustré ci-dessus, et qui attire l’attention sur la longueur égale des 4 côtés du tronc.

Nous avons eu 14 élèves et parmi eux des profs, alors on a eu un peu le trac mais pour un premier atelier on était plutôt contentes de nous 🙂

best-of-pune-fanny-claudia

Ça c’est moi en salamba sarvangasana

Prof remplaçant

Et puis en février et mars, j’ai fait le remplacement intégral d’une amie prof de yoga depuis 20 ans et donc j’ai donné beaucoup de cours pendant deux mois… j’ai donc pu me rendre compte ce que signifie d’enseigner le yoga à plein temps! Je ne vais pas mentir: j’avoue que ma pratique personnelle en a pâti… ce fut donc une bonne expérience de se confronter à la realite du job, et d’observer que je n’ai pas encore la maturité nécessaire pour enseigner autant sans compromettre ma propre pratique. alors piano piano.

En fait c’est ce que je trouve génial dans la formation Iyengar, qu’on pourrait résumer ainsi: c’est 3 ans pour apprendre à avoir une pratique personnelle conséquente et stable.

Et franchement, dans quelle autre formation apprend t-on cela?

Examen d’anatomie

Et puis avec  le mois de mai approchant, j’ai commencé à me stresser à cause de l’examen d’anatomie. Et oui, ici l’exam d’anatomie c’est à l’écrit et il y’a beaucoup beaucoup de choses à savoir. Donc double difficulté pour moi: 1) je n’ai jamais appris l’anatomie dans ma vie précédente 2) il faut répondre à l’écrit et en allemand à 6 questions en 4 heures.

À la mi-avril, je me suis donc isolée à Nice dans la maison familiale pendant une semaine, et ma mère – trop heureuse de me voir bachoter comme au bon vieux temps – ne m’avait pas aussi bien chouchoutée que depuis le bac.

nice-printemps

Nice au printemps

J’en ai évidemment profité pour prendre un cours chez Ophelia, qui a bien pris le temps d’observer mes omoplates, et  m’a donnée des bonnes pistes d’amélioration.

Et comme une semaine de bachotage ne suffit pas à faire rentrer tout ce qu’il faut apprendre dans le ciboulot, je me suis encore isolée les quelques jours du week-end de l’ascension à Sisieby dans la maison de vacances de la belle famille et le printemps au nord de l’allemagne ça ressemble plutôt à ça.

fny-sisiebye

Fin avril, il fait bon

Bref tout ça pour dire que le 6 mai j’ai passé mon exam et vu comment j’avais bossé, j’ai réussi. Ouf.

Prochaine etape: philosophie. Et ça aussi c’est à l’écrit.

iyengar-trainees

Déjeuner post exam avec ma promo

projet livre

Enfin, « last but not least » ce qui m’a énormément occupée – et maintenant je peux l’annoncer, car c’est officiel – c’est que je travaille sur le projet d’un livre dont je fais les illustrations et la mise en page. C’est un très gros chantier en collaboration avec l’association allemande de yoga Iyengar. Vous avez d’ailleurs peut-être vu passer quelques photos du making-of sur Instagram.

layout-research

parsva-dandasana-sketch

bharavadjasana-sketch

C’est un rêve qui devient réalité! Et comme les bonnes choses n’arrivent jamais seules, j’ai la chance et le privilège  de pouvoir occuper un bureau dans mon studio de yoga préfèré, chez mes amis d’Y8 qui avec cette proposition me soutiennent dans mon travail. C’est un endroit vraiment magnifique où je peux me concentrer et à tout moment aller pratiquer dans la magnifique salle à côté, ou sur le toit!

 

fnyogi-workplace

Enfin, je suis arrivée aujourd’hui à Bochum pour la convention annuelle de yoga Iyengar en Allemagne où Zubin enseignera de nouveau cette annee. La suite donc, au prochain episode.

Retour à Hambourg

Notes sur Pune

Notre arrivée

Notre séjour à Pune est passé très vite et je n’ai pas eu le temps, sur place, de mettre au propre mes notes et impressions. Ci dessous quelques réflexions sur le profil de ville de Pune. Rien sur le yoga (il faut que je digère un peu :))

Il nous a fallu presque 3 jours pour être complètement à l’heure indienne: pour s’adapter à l’hiver indien. Ici il fait plus ou moins 30 degrés de plus qu’à Hambourg, et nos corps se sont si vite habitués, qu’on arrive même à trouver les soirées légèrement fraîches ! Après quelques jours comme sur un nuage (être à la Mecque du yoga!) je commence a m’interroger sur la ville . Attention c’est l’architecte qui prend la plume et non pas la yogini.

Nous résidons dans la chambre d’une villa d’un quartier très très privilégié, pas tout à fait à côté de l’institut, donc il faut prendre un rickshaw ou un taxi chaque fois que nous devons nous y rendre. Ce trajet d’environ 15 à 20 minutes permet de prendre le pouls de la ville. De notre appartement jusqu’au centre, pas un bidonville sur la route. On a vu des vaches sur le chemin, un ou deux enfants qui mendient dans la rue, mais pas de mourants sur les trottoirs, comme j’aurais pu m’y attendre vu les descriptions qu’on m’avait fait. Au contraire, une vie grouillante, énormément de circulation, beaucoup de pollution et de la poussière partout, des échoppes colorées le long des routes, des universités, des écoles, et enfin beaucoup de végétation.

krantishouse

notre résidence à Pune, dans les quartiers chics

Une ville qui semble être le reflet de la fulgurante croissance indienne.

J’ai appris que Pune est un pôle de formation et une ville universitaire qui attire de nombreux jeunes gens. C’est aussi la « Detroit de l’Inde »: des constructeurs automobiles comme Tata, Fiat, Chrysler et Volkswagen y ont leurs usines .La ville est aussi un hub important pour les entreprises de télécommunication qui s’y sont massivement implantées profitant d’un climat économique favorable, de la proximité avec Mumbai et du fait que la pression immobilière n’y est pas si élevée.

D’ailleurs, sur la route, ce qui a tout de suite attire mon attention, c’est qu’un panneau publicitaire sur deux fait la promotion de grands ensembles immobiliers plus luxurieux les uns que les autres. les billboards présentent des vues en 3D de bâtiments modernes et rutilants aux façades vitrées, promesse d’une vie moderne (ultra-occidentalisée).

J’ai même lu quelque part que la première Trump tower d’Inde sera construite à Pune.

Mais cette proposition aseptisée n’a pas l’air de prendre au niveau de la rue, qui reste bruyante, désordonnée, polluée, poussiéreuse etc etc.

D’ailleurs le décalage entre les deux est absurde a voir.

Des slums peu visibles, mais bien présents

(Ségrégation par la langue: les panneaux sont rédigés exclusivement en anglais, les pauvres ne parlent pas anglais)

Alors pendant mes premières nuits d’insomnie dues au décalage horaire, je me suis un peu enquise  au sujet de cette ville moyenne (c’est évidemment relatif) de l’Inde.

Mes recherches m’ont appris que la ville compte 3 millions d’habitants (Pune et sa métropole en comptent 5) et que la population a presque doublé en 20 ans.

Pourtant il semble que cette prospérité cache une misère tout aussi galopante et invisible aux yeux des étrangers qui tournent en rond dans le centre prospère. La ville est dépassée par l’augmentation de population et ne semble pas parvenir à faire face aux défis que cela pose (pollution, traitement des déchets, eau etc) Car si les cadres et les étudiants déménagent à Pune, il en va de même avec la population qui déserte les campagnes et finit dans des taudis.

Atlas des bidonvilles de Pune

Une ONG locale a établi un atlas des bidonvilles de Pune et a calculé le nombre exact de bidonvilles et le nombre de personnes qui y habitent.

img_2389

Contrairement aux études sommaires de la ville, les habitants des bidonvilles ont été estimés à 1,2 millions en 2011, c’est à dire que presque la moitié des habitants de Pune sont extrêmement pauvres, n’ont pas d’accès à l’eau potable ou à l’électricité. Les bidonvilles occupent une surface de 2,34% de la ville – imaginez un peu la densité!

Le plus effarant là dedans, c’est qu’on sait que l’économie indienne se positionne à la 10eme place mondiale, que son taux de croissance est un des des plus élevé et on nous rabâche que les conditions de vie s’améliorent en Inde, qu’une immense classe moyenne est en train de se créer etc.. mais la même étude a aussi montré que le pourcentage de la population vivant dans des taudis à Pune a augmenté de manière significative au lieu de régresser comme on pourrait le croire.

En 1961, Le pourcentage de la population vivant dans des bidonvilles était de 15%

En 1981, de 31,33% , en 2011 de 40,38%… Donc, on peut affirmer sans crainte de se tromper qu’elle ne doit pas être loin des 50% aujourd’hui!

Au regard des chiffres cités plus haut, l’observateur étranger que je suis se demande comment cela peut fonctionner aussi paisiblement, dans un pays où la corruption semble être impossible à éradiquer et où des dizaines de langues officielles côtoient des dizaines de religions.

queue devant la banque: le gouvernement a retiré les billets de 500 et 1000 roupies pour tenter d’éradiquer le marché noir

« L’Inde est une anarchie qui fonctionne »

Jk. Galbraith

Une ville moyenne représentative

Il me semble que Pune est vraiment un cas représentatif de ces villes dites moyennes ou intermédiaires dans les pays émergents. Les disparités entre riches et pauvres sont immenses et la ville semble surpassée par les défis que pose cette croissance incontrôlable: tandis que des immeubles de luxe sont construits sur des terres rurales en principe non constructibles, les infrastructures ne suivent pas: une grande partie de la population n’a pas d’eau courante et la presque totalité des eaux usées n’est pas traîtée. Comme il n’y a pas vraiment de réseau de transport en commun, le trafic urbain est intense et la pollution qui va avec est insupportable.

Je ne suis pas assez qualifiée pour porter une analyse, je pose ici simplement mes observations de touriste et je trouve incroyable que ce pays si chaotique soit une démocratie qui fonctionne quand on pense à tous les ingrédients explosifs et les disparités extrêmes qu’il y a dans ce mix! Peut-être un peu à l’image de la cuisine indienne si variée et si pimentée.. Tout comme les épices sont le dénominateur commun de la cuisine indienne, il semble qu’il y ait une sorte d’ingrédient invisible comme un mélange d’épices, liant indéfinissable qui assure la cohésion sociale dans un pays aux milles identités…

Retour à Hambourg

En tous cas, nous sommes rentrées à Hambourg. Sur le chemin du retour à la maison, la grisaille ambiante me frappe: en plus du gris dans le ciel, tout à l’air très rangé ici. Les gens ne portent pas de vêtements colorés, les véhicules sont étrangement silencieux, et personne ne klaxonne, pas d’odeur, pas de couleur, c’est le désert sur les trottoirs. Les vitrines des magasins ont beau être complètement ornées de décorations de noël, c’est une grisaille désespérante qui règne dans les rues. Seulement quelques heures après avoir mis le pied sur le sol teuton, Je me sens déjà complètement déprimée. La descente quoi. Je crois que je suis en train de ressentir le choc culturel dont on m’avait parlé avant mon départ… mais à l’envers.

Références:

Slum atlas

Article du Times of India

Trump Tower Pune

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer