professeur de yoga iyengar !

L’examen de certification (introductory) pour de devenir professeur de yoga Iyengar a eu lieu il y a maintenant presqu’un mois..

« sequence menstruation » pour gros rhume

En plus d’avoir pratiqué assidument, je n’ai rien laissé au hasard. En ce début d’automne je tournais déjà à la vitamine C sur-dosée et à l’extrait de pamplemousse (histoire de ne pas choper les infections toutes droit sorties du bouillon de culture qu’est le jardin d’enfant de mon fils). Je n’ai plus chevauché mon vélo, par peur des courants d’air. Je me suis fait massée les zones encore tendues dans les jambes. Mon ostéo de mari m’a fait craquer encore et encore deux vertèbres thoraciques réfractaires. Enfin j’ai voulu perdre deux kilos (également réfractaires) pour me sentir un poil plus légère et faire de meilleures torsions.

En dépit de tout cela, je suis restée au même poids et j’ai été enrhumée à J-10. Et malgré l’arsenal d’huiles essentielles et autres remèdes de grand-mère, je n’ai pas vu d’amélioration. Jusqu’au moment où j’ai décidé de lâcher-prise et rester deux jours au chaud avec une pratique minimale et restorative.

Je me suis donc présentée à l’examen pas super en forme. Mais à l’instant T, je n’ai plus rien senti à grâce à l’adrenaline.

Bref, (roulement de tambours…) j’ai passé et réussi mon examen (…carillons et trompettes) !
Pour qui ne connait pas la méthode Iyengar, cela fait de moi une prof de plus de yoga.

Mais permettez moi de mettre quelques points sur les i, parce que je crois que je n’ai jamais relevé un défi pareil dans ma vie.

Formation de base pour devenir professeur de yoga Iyengar

Si la plupart des profs de yoga ont une formation de 200 ou 300 heures; la formation de base pour devenir professeur de yoga  Iyengar dure 3 ans et se répartit en week-ends et semaines intensives de pratique, comptant en tout 1000 heures de pratique en groupe. Ceci sans compter les heures de pratique personnelle requises et consignées par les élèves dans un cahier d’étude, celles prises auprès d’un prof certifié et les heures d’assistance (encore environ 1000 heures).
NB: ceci est vrai pour l’Allemagne

La formation n’est qu’un pré-requis pour se présenter à l’examen. A condition que l’on y soit prêt et que votre prof/mentor donne son accord signé.

Cet examen fait l’objet d’une véritable légende urbaine qui raconte que, physiquement, c’est aussi difficile qu’un marathon et que mentalement, c’est une véritable mortification, tant les examinateurs sont sévères.

L’examen de base II

Ram fabrique des couronnes de rose pour Guruji

L’examen se déroule sur une journée entière.
Le matin les élèves pratiquent les asanas du syllabus au rythme du chronomètre.
L’après-midi, chaque élève reçoit deux postures à enseigner à un petit groupe d’élèves, en plus de sarvagasana et sirsasana, le tout chronométré et devant des examinateurs plutôt tatillons.

Ici nous avons eu la chance de recevoir des pointures nationales comme examinateurs.
En tout il y avait 6 examinateurs pour 9 élèves! Et malgré le prorata important examinateur/élève, je les ai à peine remarqué pendant la pratique du matin.
Peut-être parce que mon tapis se trouvait au centre d’un carré de neuf personnes? Ou bien parce que j’étais terriblement absorbée par ma pratique?
Ou peut-être tout simplement parce qu’ils étaient très bienveillants à notre encontre (et même souriants!).

mon tapis au centre, et tous les copains autour!

Après une brève présentation de tous les participants nous avons chanté l’ode à Pantanjali. Notre modératrice à commencé à égrener le nom en sanskrit des 64 postures de notre syllabus. Nous les avons exécutées une après l’autre, tandis que les examinateurs tournaient en silence autour de nous avec leurs petits carnets de note. Après presque 3 heures de pratique sans interruption (on parle bien d’un marathon), les postures à enseigner sont tombées: pour moi Parsvakonasana & Bharavadjasana 2. J’ai été déstabilisée par ma deuxième asana.. certainement la seule posture que j’ai le plus négligée dans ma pratique.

Classique.

Observer les élèves et être présent

Bharavadjasana 2 – « light on yoga »

Évidemment je n’ai pas été en mesure de terminer d’enseigner le premier côté de la posture. Car avec 9 élèves « normaux » et une posture avec une jambe en lotus, j’ai passé près de la moitié du temps imparti (6 minutes par posture) à corriger et donner le matériel nécessaire à chacun.

Je dois admettre que j’ai été un poil vexée qu’un examinateur m’interrompe pour me dire d’aller plus vite et d’enseigner le côté gauche, alors que je m’affairais à garder indemnes les genoux de mes élèves!
Alors je me suis dit que de ne pas céder à la panique et s’occuper des élèves est certainement une compétence qu’il faut avoir en cours. Et malgré le regard troublé de mon formateur et les points d’interrogation dans les yeux des élèves: je ne me suis pas démontée et j’ai (relativement) calmement continué à donner aux élèves ce dont ils avaient besoin et continué d’enseigner le côté droit jusqu’à la sonnerie du chrono… et je crois bien que ç’a payé (note à l’apprenti prof: ne crois pas que je t’encourage à contredire tes examinateurs!).

Enfin, l’après midi s’est achevée avec l’enseignement de Salamba Sarvangasana et Salamba Sirsasana, en situation de cours particulier – avec un seul élève et 6 examinateurs dans le dos (sic).

Après cette longue journée, nous savions qu’il faudrait attendre la sacro-sainte lettre, pour savoir si l’on serait admis ou pas. Dans tous les cas, on a fêté ça.

Et puis le résultat est arrivé, et ce que je n’ai pas vu venir, c’est la fatigue accumulée et la dépression post-partum. Qu’allais je devenir maintenant, sans mes semaines de formation? sans filet? moi toute seule et ma pratique? j’ai été sévèrement déprimée pendant quelques jours. Il faut dire que l’automne hambourgeois ça n’aide pas (je te rassure cher lecteur, ça va mieux, là).

« You need to learn again and again »

Alors voilà, tout cela a l’air bien rude, c’est vrai. La formation pour devenir professeur de yoga Iyengar est longue et rigoureuse. Mais c’est précisément cette rigueur qui fait la qualité de cette méthode. Et je suis heureuse de faire partie de ceux qui ont le privilège de pouvoir l’enseigner.

Pendant ces 3 années, j’ai appris à me discipliner et à développer une pratique personnelle consistante et régulière. Je pense sincèrement, que c’est le cœur même de cette formation. Sans pratique personnelle, impossible d’intérioriser l’essence des postures et pranayamas. Et sans maintenir cette relation « intime », comment enseigner?

Pendant ces 3 années, j’ai aussi appris à connaitre la culture familiale des Iyengar, et j’éprouve une reconnaissance grandissante pour la descendance qui continue de transmettre la méthode léguée par Guruji sans dogmatisme et sans jamais faire de concessions mercantiles (il n’y a qu’à faire un saut à Pune pour s’en convaincre), alors que – soit dit en passant – partout dans le monde les formations de yoga n’ont jamais été aussi nombreuses et lucratives pour ceux qui les donnent.

Pendant ces 3 années, j’ai surtout compris que l’apprentissage ne serait jamais terminé. Et j’ai encore du mal à réaliser que je suis désormais « prof » et je commence à peine à prendre conscience de la responsabilité que cela signifie..

Je resterai à tout jamais une humble wanabee 🙂

Enfin je me permet ici de conclure avec une citation de Geetaji au sujet des certifications:

Guruji said, « I’m certifying you ». This means that now your eyes should be open. Certification is given to you because you can see. Now that your eyes are open, you are able to find out: What you are spreading is not just spreading words.
Political campaigns may use words as propaganda – this is a different kind of thing. You are not just propagating words. Instead, the right things need to be done; so, you need to learn again and again.

J-40

Long time no see, comme on dit… il faut dire que depuis mon dernier article il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie privée qui m’ont un peu bousculée (rien de fatal, alors je vous épargne les détails). Donc je n’ai pas eu le loisir de me consacrer à ce journal.

Pourtant, le temps passe et la date fatidique de l’examen final approche… Cette date qui, par ailleurs, rendra l’objet de ce blog peut-être un peu obsolète…

Le 12 Novembre.

Avec l’obtention du certificat, est-ce la fin de ce blog? je ne le sais pas encore… en tous les cas, faut-il encore que je réussisse!

Ce qui est sûr c’est qu’il me tarde d’en avoir terminé avec cette très très longue formation, même si j’appréhende aussi un peu sa fin. Pour l’instant je me sens soutenue dans ma pratique, grâce à la motivation du groupe et par la structure même de la formation, entre les devoirs, les examens écrits, les semaines et week-ends de formation et la pratique avec les collègues. Mais quid de l’après? arriverai-je à maintenir une pratique durable sans carotte (autrement dit « vairagya ») et surtout sans me faire dépasser par le train-train quotidien? Ce qui est sûr c’est qu’après, c’est le grand saut.

Bref, une bien longue introduction à ce post qui se veut surtout être une « update » depuis le dernier article de début juin. Ne vous attendez donc pas à y trouver des nouveaux dessins/notes de séminaire. C’est pas que j’ai chômé, au contraire, mais je ne peux pas vraiment publier les dessins pour le projet de livre dont je parlais précédemment (mais je vais quand même le faire, histoire de pas perdre mon lectorat).

Bien. Où en étions nous restés? fin mai, je célébrais mon succès à l’examen d’anatomie. Et en ce début du mois d’octobre, je me sens libérée d’avoir passé l’écrit de philosophie… un véritable challenge pour quelqu’un dont l’allemand n’est pas la langue maternelle.

Le sommet du yoga contre le G20

Mais entre l’anatomie et la philosophie,  il s’est évidemment passé beaucoup de choses palpitantes que je n’ai pas relatées ici et que je vais résumer ci-dessous pour mémoire.

Si vous me suivez sur FB ou sur instagram, vous n’avez pas pu louper quelques vidéos de #bridgestohumanity, une manifestation pacifique des yogis de Hambourg en réaction au sommet du G20. J’ai eu le privilège de guider les salutations au soleil à 600 yogis rassemblés sur un pont au dessus de l’Alster à 7 heures du matin. Si vous voulez rigoler, vous pouvez me voir dans cette vidéo parler en Allemand a télé locale.

[su_youtube url= »https://www.youtube.com/watch?v=sD37RYGY1mE »]

Pour en savoir plus sur cette initiative #bridgestohumanity

Sneak Peak

Les semaines qui ont suivi et avant mon départ pour les grandes vacances annuelles dans la famille à Nice, j’ai bien avancé mon boulot d’illustration, et n’étais pas peu fière de mon mur aimanté au bureau:

Day 2 – running out of magnets . . . #yoganotes #yogasketch #yogadrawing #iyengaryoga #yogabook

Une publication partagée par Fanny (@iyengaryoganotes) le

Et puis la langueur estivale a eu raison de mes bonnes dispositions et la reprise a été si rude que je n’ai pas eu beaucoup de temps pour les dessins et pour ce blog. En fait, c’est aussi une des raisons pour lesquelles il me tarde de finir la formation: avoir enfin plus de disponibilité pour ce projet.

Vacances à Nice

Comme chaque été, je suis à Nice pour les vacances, et comme chaque année c’est la période où l’institut de yoga Iyengar est fermé. Mais cette fois-ci j’ai eu un peu plus de chance et j’ai pu assister, avant la fermeture annuelle, à deux cours donnés par des élèves de Christian Pisano dans la belle salle chaleureuse aux murs lambrissés de bois. J’ai été très impressionnée par mes deux profs !

J’ai aussi eu l’occasion de travailler avec Ophélia, et je ne la remercierai jamais assez des très bons conseils et des encouragements qu’elle m’a encore donnés pour l’exam.

Bob

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là je me fais corriger en parvrtta trikonasana pendant environ 30 minutes (temps ressenti).

Et puis, la rentrée à Hambourg. Enchainée directement, la semaine de formation avec Bob. C’était intense mais comme la dernière fois on y a appris beaucoup de choses très précieuses et en plus dans la bonne humeur. Contrairement à mon habitude, j’ai pris beaucoup de notes pendant les cours, mais je n’ai rien mis au propre.

yoga.wasser.klang

Enfin, mi-septembre,  j’ai participé comme prof au festival « yoga.wasser.klang« . C’est un tout petit festival qui réunit artistes, musiciens et yogis locaux (ici pas de superstar californienne du yoga), loin des clichés de « wanderlust » et autres festivals hyper commerciaux. J’ai donc eu l’occasion de donner un cours en plein air, accompagnée par une harpiste. C’était un peu décalé pour une yogi Iyengar, mais aussi très chouette de sortir de son cadre -parfois rigide- et rencontrer des yogis venus d’autres univers.

Conclusion

Il me reste 40 jours pour être prête, to-do list:

– éviter de s’éparpiller
– ne pas se blesser
– ne pas tomber malade
– ne pas avoir ses règles le 12 novembre
– pratiquer !!!

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update! Anatomie et projets

Je n’ai plus rien écrit sur ce journal depuis notre retour de Pune. Pourtant c’est pas que j’ai chômé.

Au contraire.

Atelier « Best or Pune »

Alors par quoi commencer? Peut-être, tout simplement dans l’ordre chronologique. Si vous me suivez sur Facebook, vous avez peut-être vu passer le flyer pour un mini-workshop que mon amie Claudia et moi avons donné à la suite de notre voyage en Inde: « best or Pune » qu’on l’a intitulé.

best-of-pune-flyer

Tout inspirées que nous étions par Abhijata, le workshop portait sur 4 points qui sont revenus tout au long de la semaine intensive, dont celui illustré ci-dessus, et qui attire l’attention sur la longueur égale des 4 côtés du tronc.

Nous avons eu 14 élèves et parmi eux des profs, alors on a eu un peu le trac mais pour un premier atelier on était plutôt contentes de nous 🙂

best-of-pune-fanny-claudia

Ça c’est moi en salamba sarvangasana

Prof remplaçant

Et puis en février et mars, j’ai fait le remplacement intégral d’une amie prof de yoga depuis 20 ans et donc j’ai donné beaucoup de cours pendant deux mois… j’ai donc pu me rendre compte ce que signifie d’enseigner le yoga à plein temps! Je ne vais pas mentir: j’avoue que ma pratique personnelle en a pâti… ce fut donc une bonne expérience de se confronter à la realite du job, et d’observer que je n’ai pas encore la maturité nécessaire pour enseigner autant sans compromettre ma propre pratique. alors piano piano.

En fait c’est ce que je trouve génial dans la formation Iyengar, qu’on pourrait résumer ainsi: c’est 3 ans pour apprendre à avoir une pratique personnelle conséquente et stable.

Et franchement, dans quelle autre formation apprend t-on cela?

Examen d’anatomie

Et puis avec  le mois de mai approchant, j’ai commencé à me stresser à cause de l’examen d’anatomie. Et oui, ici l’exam d’anatomie c’est à l’écrit et il y’a beaucoup beaucoup de choses à savoir. Donc double difficulté pour moi: 1) je n’ai jamais appris l’anatomie dans ma vie précédente 2) il faut répondre à l’écrit et en allemand à 6 questions en 4 heures.

À la mi-avril, je me suis donc isolée à Nice dans la maison familiale pendant une semaine, et ma mère – trop heureuse de me voir bachoter comme au bon vieux temps – ne m’avait pas aussi bien chouchoutée que depuis le bac.

nice-printemps

Nice au printemps

J’en ai évidemment profité pour prendre un cours chez Ophelia, qui a bien pris le temps d’observer mes omoplates, et  m’a donnée des bonnes pistes d’amélioration.

Et comme une semaine de bachotage ne suffit pas à faire rentrer tout ce qu’il faut apprendre dans le ciboulot, je me suis encore isolée les quelques jours du week-end de l’ascension à Sisieby dans la maison de vacances de la belle famille et le printemps au nord de l’allemagne ça ressemble plutôt à ça.

fny-sisiebye

Fin avril, il fait bon

Bref tout ça pour dire que le 6 mai j’ai passé mon exam et vu comment j’avais bossé, j’ai réussi. Ouf.

Prochaine etape: philosophie. Et ça aussi c’est à l’écrit.

iyengar-trainees

Déjeuner post exam avec ma promo

projet livre

Enfin, « last but not least » ce qui m’a énormément occupée – et maintenant je peux l’annoncer, car c’est officiel – c’est que je travaille sur le projet d’un livre dont je fais les illustrations et la mise en page. C’est un très gros chantier en collaboration avec l’association allemande de yoga Iyengar. Vous avez d’ailleurs peut-être vu passer quelques photos du making-of sur Instagram.

layout-research

parsva-dandasana-sketch

bharavadjasana-sketch

C’est un rêve qui devient réalité! Et comme les bonnes choses n’arrivent jamais seules, j’ai la chance et le privilège  de pouvoir occuper un bureau dans mon studio de yoga préfèré, chez mes amis d’Y8 qui avec cette proposition me soutiennent dans mon travail. C’est un endroit vraiment magnifique où je peux me concentrer et à tout moment aller pratiquer dans la magnifique salle à côté, ou sur le toit!

 

fnyogi-workplace

Enfin, je suis arrivée aujourd’hui à Bochum pour la convention annuelle de yoga Iyengar en Allemagne où Zubin enseignera de nouveau cette annee. La suite donc, au prochain episode.

Women in periods (yoga et menstrues)

Attention menstruation

Avertissement aux hommes: attention, on va parler « menstruation » (alors si t’es pas prof de yoga Iyengar ou si tu n’as pas de curiosité particulière pour la chose – tu peux interrompre ta lecture ici.)

Week-end de formation spécial pratique féminine

Durant la dernière semaine de formation en octobre, nous avons reçu la visite d’une prof invitée pour parler de la pratique des femmes aux différents stades de son cycle et de sa vie (menstruation, pré-ménopause, ménopause).

Car les règles touchent ou ont touché une personne sur deux. C’est un phénomène aussi naturel que manger ou dormir et sans lequel il n’y aurait pas d’espèce humaine… Mais la pudeur pose une  sorte de chape de plomb sur la douloureuse question des règles.

Alors, c’était tout bonnement incroyable de se retrouver parmi 18 personnes dont 3 hommes à parler ouvertement et sans tabous de tout ça… une sorte de parenthèse hors de la vie de tous les jours, où le sujet est peu abordé aussi bien en public qu’en privé.

Avoir ses règles le jour du cours de yoga…

Dans tous les cas si vous pratiquez le yoga Iyengar, vous savez que la question fatidique se repose à presque chaque cours. « Est-ce que quelqu’une a ses règles? ». Ça met souvent les élèves dans l’embarras – surtout les nouvelles –  qui trouvent la question incongrue et parfaitement hors sujet dans le contexte d’un cours collectif.

rhâgnagna

C’est comme ça que tu vois ton partenaire quand tu es en plein PMS (Pre-Menstrual-Syndrom)

Les règles sont à l’origine de nombreux maux et désagréments divers que l’on ne finit plus de compter… Alors les filles souffrent en silence pendant 30 ou 40 ans. Le yoga (bien pratiqué) permet de soulager pas mal de maux liés aux cycles menstruels. C’est donc bien dommage que beaucoup de yoginis continuent d’ignorer les fluctuations liées aux cycles auxquels elles sont soumises, poussées qu’elles sont par le diktat de la société de performance… D’ailleurs, je suis toujours surprise de voir qu’en cours certaines « women in periods » (comme on les appelle à Pune), sont toujours incommodées d’être identifiées comme telles et mises à l’écart pour la pratique de certains exercices, et par certains profs parfois carrément mises en « quarantaine ».

Pourtant nous devrions être reconnaissantes qu’enfin une discipline ait intégré cette prise en compte de notre nature même de femme, et qu’on nous propose des exercices spécialement adaptés. Mais nous les occidentales, nous voudrions être au top de la performance chaque jour du mois, au boulot, a la maison et bien sûr en cours aussi… Et c’est bien cela qui est désespérant, alors que la pratique du yoga est censée nous reconnecter à notre corps. Les filles continuent de ne pas mentionner qu’elles sont indisposées, par pudeur ou pire par ignorance! (mais c’est heureusement en train de changer dans le domaine du sport, voir l’article sur la courageuse nageuse chinoise Fu Yuanhui)

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Fu Yuanhui: « c’est parce que j’ai eu mes règles »

 

Lors des jeux olympiques de Rio en 2016, La nageuse chinoise Fu Yuanhui a déclaré publiquement n’avoir pas été performante parce qu’elle avait ses règles le jour de la compétion olympique. Elle a eu le mérite d’ouvrir le débat publiquement dans le milieu du sport de compétition où la question est tout simplement ignorée.

 

Lire l’article du Monde sur le sujet

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Aménorrhée a Pune

À ce sujet, il faut que je relate ici un incident survenu à la suite de mon séjour à Pune. J’espère que cela vous fera réfléchir si vous êtes de celles qui éludent encore le sujet en cours.

Quelques jours après la semaine intensive avec Abhijata à Pune, je devais avoir mes rhâ-gnagnas. C’est à dire les derniers jours avant notre départ pendant lesquels nous avons eu la chance de prendre des cours à l’institut. Pour notre dernier cours, on nous a assignées à la « women’s class » donnée par Sunnitha.

Women’s Class

Je me disais que ça tombait bien, puisque j’allais avoir mes règles, de pratiquer en douceur à la fin d’un séjour intense. Sauf que la fameuse women’s class c’est super balèze. Après une heure de postures debout, on a fait à peu près trois quart d’heure d’inversions…

Bon j’étais en retard d’un ou deux jours peut-être, mais officiellement je n’avais pas mes règles, donc pourquoi se priver de tout faire avec les autres? Je n’avais auparavant jamais pratiqué des inversions pendant aussi longtemps. 20 Minutes de sirsasana et autant sinon plus de salamba sarvangasana. Après le cours j’étais comme sonnée. Spaced out. Pour le restant de la journée.

Donc pour faire court, après cela mes règles ne sont jamais venues… J’ai carrément sauté deux cycles, si bien que fin janvier j’ai même pensé être enceinte! Je tiens à préciser que cela ne m’est JAMAIS arrivé auparavant, en principe je suis réglée comme une pendule. Et si rien ne prouve la relation de cause à effet, je suis intimement convaincue que je n’aurais jamais dû suivre le cours « normal » en sachant que j’aurais dû avoir mes règles ce jour là.

Accueillir en douceur

Depuis donc que mes règles sont revenues, je m’en tiens strictement au programme de Geeta (voir encadré ci-dessous) pour la pratique pendant les règles, tout du moins les premiers jours, mais surtout avant si je constate que je suis un poil en retard.. je me tiens alors à une pratique recupérative pour ne pas les faire fuir cette fois ci!

supta baddha konasana

Supta Badass !

Ma posture favorite en ces temps-là est tout naturellement « Supta Baddha Konasana Super Custom« , telle que je l’ai décrite dans un article sur le journal de Bakchichbaba.

Ci dessus l’illustration, et ci-dessous la fameuse « menstrual serie » de Geeta.

 

[alert-note]Ressources

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Menstruation sequence by Geeta Iyengar

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Yoga : Joyau de la femme

La bible du yoga, pour les femmes!
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Rha-gnagna du regretté Gotlib

Ca n’a rien à voir avec les règles… mais c’est drôlement potache.
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Retour à Hambourg

Notes sur Pune

Notre arrivée

Notre séjour à Pune est passé très vite et je n’ai pas eu le temps, sur place, de mettre au propre mes notes et impressions. Ci dessous quelques réflexions sur le profil de ville de Pune. Rien sur le yoga (il faut que je digère un peu :))

Il nous a fallu presque 3 jours pour être complètement à l’heure indienne: pour s’adapter à l’hiver indien. Ici il fait plus ou moins 30 degrés de plus qu’à Hambourg, et nos corps se sont si vite habitués, qu’on arrive même à trouver les soirées légèrement fraîches ! Après quelques jours comme sur un nuage (être à la Mecque du yoga!) je commence a m’interroger sur la ville . Attention c’est l’architecte qui prend la plume et non pas la yogini.

Nous résidons dans la chambre d’une villa d’un quartier très très privilégié, pas tout à fait à côté de l’institut, donc il faut prendre un rickshaw ou un taxi chaque fois que nous devons nous y rendre. Ce trajet d’environ 15 à 20 minutes permet de prendre le pouls de la ville. De notre appartement jusqu’au centre, pas un bidonville sur la route. On a vu des vaches sur le chemin, un ou deux enfants qui mendient dans la rue, mais pas de mourants sur les trottoirs, comme j’aurais pu m’y attendre vu les descriptions qu’on m’avait fait. Au contraire, une vie grouillante, énormément de circulation, beaucoup de pollution et de la poussière partout, des échoppes colorées le long des routes, des universités, des écoles, et enfin beaucoup de végétation.

krantishouse

notre résidence à Pune, dans les quartiers chics

Une ville qui semble être le reflet de la fulgurante croissance indienne.

J’ai appris que Pune est un pôle de formation et une ville universitaire qui attire de nombreux jeunes gens. C’est aussi la « Detroit de l’Inde »: des constructeurs automobiles comme Tata, Fiat, Chrysler et Volkswagen y ont leurs usines .La ville est aussi un hub important pour les entreprises de télécommunication qui s’y sont massivement implantées profitant d’un climat économique favorable, de la proximité avec Mumbai et du fait que la pression immobilière n’y est pas si élevée.

D’ailleurs, sur la route, ce qui a tout de suite attire mon attention, c’est qu’un panneau publicitaire sur deux fait la promotion de grands ensembles immobiliers plus luxurieux les uns que les autres. les billboards présentent des vues en 3D de bâtiments modernes et rutilants aux façades vitrées, promesse d’une vie moderne (ultra-occidentalisée).

J’ai même lu quelque part que la première Trump tower d’Inde sera construite à Pune.

Mais cette proposition aseptisée n’a pas l’air de prendre au niveau de la rue, qui reste bruyante, désordonnée, polluée, poussiéreuse etc etc.

D’ailleurs le décalage entre les deux est absurde a voir.

Des slums peu visibles, mais bien présents

(Ségrégation par la langue: les panneaux sont rédigés exclusivement en anglais, les pauvres ne parlent pas anglais)

Alors pendant mes premières nuits d’insomnie dues au décalage horaire, je me suis un peu enquise  au sujet de cette ville moyenne (c’est évidemment relatif) de l’Inde.

Mes recherches m’ont appris que la ville compte 3 millions d’habitants (Pune et sa métropole en comptent 5) et que la population a presque doublé en 20 ans.

Pourtant il semble que cette prospérité cache une misère tout aussi galopante et invisible aux yeux des étrangers qui tournent en rond dans le centre prospère. La ville est dépassée par l’augmentation de population et ne semble pas parvenir à faire face aux défis que cela pose (pollution, traitement des déchets, eau etc) Car si les cadres et les étudiants déménagent à Pune, il en va de même avec la population qui déserte les campagnes et finit dans des taudis.

Atlas des bidonvilles de Pune

Une ONG locale a établi un atlas des bidonvilles de Pune et a calculé le nombre exact de bidonvilles et le nombre de personnes qui y habitent.

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Contrairement aux études sommaires de la ville, les habitants des bidonvilles ont été estimés à 1,2 millions en 2011, c’est à dire que presque la moitié des habitants de Pune sont extrêmement pauvres, n’ont pas d’accès à l’eau potable ou à l’électricité. Les bidonvilles occupent une surface de 2,34% de la ville – imaginez un peu la densité!

Le plus effarant là dedans, c’est qu’on sait que l’économie indienne se positionne à la 10eme place mondiale, que son taux de croissance est un des des plus élevé et on nous rabâche que les conditions de vie s’améliorent en Inde, qu’une immense classe moyenne est en train de se créer etc.. mais la même étude a aussi montré que le pourcentage de la population vivant dans des taudis à Pune a augmenté de manière significative au lieu de régresser comme on pourrait le croire.

En 1961, Le pourcentage de la population vivant dans des bidonvilles était de 15%

En 1981, de 31,33% , en 2011 de 40,38%… Donc, on peut affirmer sans crainte de se tromper qu’elle ne doit pas être loin des 50% aujourd’hui!

Au regard des chiffres cités plus haut, l’observateur étranger que je suis se demande comment cela peut fonctionner aussi paisiblement, dans un pays où la corruption semble être impossible à éradiquer et où des dizaines de langues officielles côtoient des dizaines de religions.

queue devant la banque: le gouvernement a retiré les billets de 500 et 1000 roupies pour tenter d’éradiquer le marché noir

« L’Inde est une anarchie qui fonctionne »

Jk. Galbraith

Une ville moyenne représentative

Il me semble que Pune est vraiment un cas représentatif de ces villes dites moyennes ou intermédiaires dans les pays émergents. Les disparités entre riches et pauvres sont immenses et la ville semble surpassée par les défis que pose cette croissance incontrôlable: tandis que des immeubles de luxe sont construits sur des terres rurales en principe non constructibles, les infrastructures ne suivent pas: une grande partie de la population n’a pas d’eau courante et la presque totalité des eaux usées n’est pas traîtée. Comme il n’y a pas vraiment de réseau de transport en commun, le trafic urbain est intense et la pollution qui va avec est insupportable.

Je ne suis pas assez qualifiée pour porter une analyse, je pose ici simplement mes observations de touriste et je trouve incroyable que ce pays si chaotique soit une démocratie qui fonctionne quand on pense à tous les ingrédients explosifs et les disparités extrêmes qu’il y a dans ce mix! Peut-être un peu à l’image de la cuisine indienne si variée et si pimentée.. Tout comme les épices sont le dénominateur commun de la cuisine indienne, il semble qu’il y ait une sorte d’ingrédient invisible comme un mélange d’épices, liant indéfinissable qui assure la cohésion sociale dans un pays aux milles identités…

Retour à Hambourg

En tous cas, nous sommes rentrées à Hambourg. Sur le chemin du retour à la maison, la grisaille ambiante me frappe: en plus du gris dans le ciel, tout à l’air très rangé ici. Les gens ne portent pas de vêtements colorés, les véhicules sont étrangement silencieux, et personne ne klaxonne, pas d’odeur, pas de couleur, c’est le désert sur les trottoirs. Les vitrines des magasins ont beau être complètement ornées de décorations de noël, c’est une grisaille désespérante qui règne dans les rues. Seulement quelques heures après avoir mis le pied sur le sol teuton, Je me sens déjà complètement déprimée. La descente quoi. Je crois que je suis en train de ressentir le choc culturel dont on m’avait parlé avant mon départ… mais à l’envers.

Références:

Slum atlas

Article du Times of India

Trump Tower Pune

 

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Arrivée à Pune

Pélerinage à la mecque du Yoga

Après un voyage de presque 24 heures nous voici arrivées à Pune à 5 heures du matin. Nous prenons un taxi jusqu’à notre domicile indien. A l’adresse donnée, nous trouvons une splendide villa moderne encore endormie dont le propriétaire est un réalisateur de films qui cartonnent. C’est une maison vraiment superbe, toute conçue pour vivre autant à l’extérieur qu’à l’intérieur avec au centre du patio un bassin et des lotus. Une fois sortis de leur lits, les occupants de la maison nous reçoivent très chaleureusement… Et offrent toute l’aide dont nous pourrions avoir besoin. Nous nous éclipsons dans notre chambre – le voyage nous a épuisées.

Escale à Dehli

Escale à Dehli

C'est pas degueu chez nous

C’est pas degueu chez nous

Après deux heures de sommeil, il nous tarde d’aller nous enregistrer à l’institut, mais pour cela il va d’abord falloir changer nos euros en roupies. C’est une opération délicate depuis que le gouvernement a décidé de supprimer les billets de 500 et de 1000 roupies. Les banques sont à court de petites coupures et ne délivrent qu’à leurs clients, des petites sommes rationnées journellement. Les files d’attentes devant les banques sont réellement interminables. Les distributeurs sont pris d’assaut et à court de devises.

Bref, notre hôte prêt à tout pour nous rendre service sort son smartphone, baragouine 30 secondes en maharathi et nous dit de patienter. 15 min plus tard, un homme sorti de nulle part, avec une valise de billets à la main nous échange nos euros en billets de 100 roupies (un peu plus de 1 euro). Il nous faudra passer du porte monnaie au sac en plastique (c’est évidemment réthorique) pour ranger nos roupies, tant il y en a. Incredible India.

En attendant l'homme à la valise, je croque la maman de notre hôte

En attendant l’homme à la valise, je croque la maman de notre hôte

Liasses en poche, nous nous rendons enfin à l’institut pour s’enregistrer et prendre nos props kits. C’est l’extase. Je suis complètement euphorique a l’idée de me trouver à l’épicentre, à la Mecque du yoga.

l’institut

Un tapis rouge à été déroulé devant le portail jusqu’à l’entrée de l’institut devant les étagères où l’on dépose ses chaussures. Ce qui saute aux yeux c’est la taille du lieu, tout semble un peu petit. Comme si on avait tout réduit d’environ 10 pour-cent. Il faut dire que les indiens sont franchement petits par rapport à nous, le modulor maharathi doit mesurer environ 1,65m.
Tout me paraît mignon et verdoyant et les autres participants ont l’air d’être tout aussi high que moi. Quelle émotion d’être enfin assises dans cette salle mythique que nous avons vue mille fois en photo! Après tout nous avons été sélectionnés parce que nous sommes des élèves de niveau intermédiaire, c’est à dire que nous pratiquons depuis 3 à 10 ans et la très grosse majorité n’est jamais venue à l’institut avant…

Enregistrement des participants

Enregistrement des participants

image

Les props kits

Après une première nuit d’insomnie à cause du décalage – mais surtout à cause du mariage juste à côté – c’est le grand jour, nous nous rendons de nouveau à l’institut pour une présentation. Demain les choses sérieuses commenceront avec les enseignements d’Abhijata.

Abhijata

Je vais t’avouer quelque chose tout de suite cher lecteur: je n’étais pas très partante pour étudier auprès d’Abhijata. En fait cette histoire de dynastie familiale à toujours causé un sérieux doute chez moi. Pourquoi faut-il que cette jeune femme soit plus qualifiée qu’un autre pour reprendre le flambeau? juste parce que c’est la petite fille du gourou? Il y a des milliers d’autres profs ultra qualifiés en Inde ou ailleurs. Et ils ont commencé le yoga avec BKS Iyengar bien avant qu’elle ne vienne au monde!

Bref, je me suis tout de même fait persuader (et ça n’a pas été très difficile) par mon amie et collègue de formation qu’il fallait entreprendre ce voyage… parce qu’on n’aurait peut-être plus l’opportunité tout de suite, qu’après la formation on aurait d’autres objectifs, que de toute façon il s’agissait surtout d’un pèlerinage etc etc.
Et le premier jour d’enseignement a fini par me convaincre entièrement. Je ne vais pas vous raconter ici le contenu des enseignements, je n’ai pas mis au propre mes notes et je n’ai encore rien dessiné. De plus si ça vous intéresse, de nombreux participants ont déjà partagé des tas de notes détaillées sur leur page Facebook.

Non, je voudrais ici juste faire part de mon enthousiasme. Car sous son air très juvénile, Abhijata a su mener d’une main de maître une salle de plus de 300 yogis avec concentration, précision, humour et beaucoup d’humilité. Les enseignements sont ponctués de petites anecdotes de son apprentissage auprès de Guruji. Et c’est bien cela qui transpire chez elle. Bien plus que sa qualification à être là, mais le fait qu’elle a été choisi par ce dernier pour être l’objet de sa transmission, ce qu’elle s’attache à faire avec une véritable grâce et beaucoup de générosité.

Gratitude

Il n’y a pas à dire, je suis vraiment heureuse d’avoir fait ce voyage et d’avoir la chance de recevoir les enseignements d’Abhijata. C’est amusant de la voir sur cette scène entourée de ses deux assistants Raya et Uday. Elle les mène à la baguette (au sens propre puisqu’elle elle tient un manche à balai pour montrer) et tous les trois partagent une complicité qui est vraiment charmante à observer.

En relisant ce dernier paragraphe, je me dis que ça sonne un peu niais. Mais c’est bien ce que je ressens, je suis peut-être trop euphorique et un peu beâte. En tous cas je sais maintenant ce que veulent dire les LA chicks qui ont déroulé leur tapis à côté du mien, quand elles disent « i am so grateful ».

Béatitude

Béatitude et jetlag

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Concept de bien-être en yoga

Aller voir ailleurs

J’ai encore été infidèle… oui: je suis encore allée voir ailleurs.

On ne se refait pas.

J’avais pas envie de voir toujours les mêmes têtes, les mêmes profs, le même mur beige plein de cordes. Bref, dans un moment d’égarement hier soir, j’ai décidé de me rendre incognito au cours de Vinyasa Flow juste à coté de chez moi (j’espère que la police du yoga n’en saura rien).

Je connaissais déjà la très belle salle puisque c’est là qu’ont désormais lieu les retraites avec Clive. Ambiance tamisée, encens et musique new-age à base de gongs vibrants sur fond de pluie tropicale et arrière plan décent de voies au ton « world »…  juste assez pour faire fuir le DJ qui est en moi. Sauf que…

Sauf que: il y a des jours où on a pas forcément envie de regarder du cinéma d’auteur, mais plutôt un bon vieux blockbuster. Et hier c’était un jour comme ça. Pas envie de se prendre la tête quoi. Envie d’un prof à la voie douce, pas envie d’entendre parler de mes ischions ou du bord extérieur de mes pieds. Envie de bien-être, quoi.

Oups, le mot est lâché: « Bien-être »

ça sonne comme un gros mot quand on vient du yoga Iyengar, vous ne trouvez pas? Parce que chez nous, on est pas là pour se faire caresser dans le sens du poil. Le bien-être, en yoga Iyengar, ne se trouve pas dans le décorum d’une salle, d’une atmosphère ou dans la voix du prof.. le bien-être on va le chercher soi-même.

En fait ce concept de « bien-être », qui dans le domaine du yoga, définit peut-être la recherche d’une harmonie avec soi et les autres, n’a rien à voir avec le décorum ou avec la forme… c’est simplement la voie du yoga. Mais ne me comprenez pas mal, ça ne veut pas dire qu’il y a un bon et un mauvais yoga: tout comme les bons blockbusters ne sont pas forcément juste des films creux et commerciaux… et croyez moi les gens qui enseignent au studio où je me suis rendue hier soir sont de vrais passionnés et d’authentiques yogis… à chacun sa voie, à chacun son yoga.

Ne t’alarme donc pas cher lecteur, chacun de mes écarts me renforce dans mes convictions… Je reste amoureuse par dessus tout du yoga Iyengar et ne compte pas le quitter de si tôt.

J’adore cette simplicité et cette constance dans notre tradition de yoga Iyengar. La discipline du yoga y est enseignée sans complaisance! (c’est sans doute pourquoi certains profs de yoga Iyengar peuvent même se payer le luxe d’être antipathiques, cqfd).

Yoga bootcamp

Tout ça pour dire que ce concept de « bien-être » colle vraiment à la peau du yoga. Quand j’explique à des non-yogis que je pars en Inde faire du yoga (ah, je vous avais pas dit?), j’ai l’impression qu’il faut tout de suite que j’ajoute que: a) c’est du yoga Iyengar, b) que l’on ne reste pas assis en tailleur, les yeux mi-clos à contempler au sol un mandala de pétales de fleurs, c) avec d’autres jeunes femmes occidentales, d) ravies de se faire chouchouter ayurveda pour pas cher, e) dans un charmant petit beachresort entouré de palmiers f) etc etc …

Bref. Je pars samedi pour Pune… session spéciale avec Abhijata. Et ça va pas ressembler à ça:

La suite au prochain post en direct de Pune.