Convention de yoga Iyengar à Bielefeld

Bielefeld

Ben oui, moi non plus je n’avais jamais entendu parler de Bielefeld avant de DEVOIR m’y rendre, convention oblige. Ici il faut que je précise que si j’habite dans une grande ville d’Allemagne, et y suis parfaitement heureuse, l’idée de devoir séjourner en province teutonne me déprime sévèrement d’avance.

Alors Bielefeld, quoi dire? La convention a eu lieu dans une ancienne fabrique de textiles très joliment réhabilitée en salle polyvalente, se trouvant elle-même dans un très joli parc. Et c’est donc à peu près tout ce que j’ai vu, et j’ai même trouvé ça pas mal! Nous avons eu très beau temps et la convention était un rêve d’organisation conforme à l’idée de ce que l’on se fait des allemands. Bielefeld-2

Zubin Zarthoshtimanesh

Ce qui frappe d’abord chez Zubin, c’est ses jambes. Et puis son charisme. Et puis ses jambes.

Des vraies jambes musclées taillées comme deux grosses carottes. Sans blague: il a de très belles jambes puissantes et typiquement « Iyengar » où l’avant, l’arrière, et les côtés sont presque uniformément en ligne droite de haut en bas. C’est très beau à voir.

Comme l’année dernière avec Gulnaaz Dashti, il m’a fallu un certain temps pour m’habituer au style de l’enseignement à l’indienne qui ne s’embarrasse pas de fioritures inutiles. J’admets même que dès les premières heures cela m’a vraiment ennuyée. Mais tout comme l’année dernière aussi, il y avait beaucoup de très bonnes choses à prendre et encore beaucoup d’énigmes à percer….

Nous avons fait beaucoup d’aller-retours entre tapis et podium, beaucoup écouté et peu pratiqué. Ce qui m’a plu chez Zubin c’est son côté anti-dogme. J’ai pris assez peu de notes car c’était trop compliqué.. Donc vous ne trouverez rien dans cet article sur les exercices que nous avons fait.

Hamburg-bielefeld

Mes collègues de Hambourg et Zubin

Skin loose, skin loose!

Si vous suivez ce blog, vous savez que c’est une sorte de malédiction qui me poursuit depuis le début de la formation. Et voilà que Zubin s’y met aussi: alors que je me donnais un mal de chien à activer les muscles stabilisateurs de l’arrière des cuisses en supta padangusthasana 1, notre orateur qui se promenait entre les rangs de tapis s’arrête à ma hauteur et tape du bout de son pied sur le haut de ma cuisse, en criant dans son micro et avec son charmant accent indien: « SKIN LOOSE, SKIN LOOSE! »

« Rogntudjuûû, mais qu’est ce qu’ils ont tous avec mes gigots??!! », j’ai d’abord pensé. Et puis, la pensée suivante a été: « Aaaah la délicatesse légendaire des profs de yoga Iyengar ». Enfin la pensée qui est venue beaucoup plus tard a été: « quelle est cette vérité que je n’arrive pas à appréhender derrière ces remontrances peu délicates? » . J’avais déjà eu une remarque similaire et tout aussi peu subtile de la part de Bob notre examinateur. Puis d’autres presque hebdomadaires de la part de Christo notre formateur… Pourtant, je vous assure que je ne ménage pas mes efforts!

« Practice, practice and  all is coming », comme dirait l’autre. N’empêche que moi, je ne sais pas comment m’y prendre.

Lecture

D’ailleurs cela me fait rebondir sur ce livre (Anatomy and Asana: Preventing Yoga Injuries) que j’ai acheté durant la convention et dont je prélève une citation au sujet de tadasana ici, et qui fait écho à l’énigme ci-dessus:

As a beginning student, I remember my teacher telling me that Tadasana was the foundational position of all yoga asanas. I have to admit, I thought she was crazy.<…> her tadasana teachings meant nothing to me. But I knew something were missing.<…> Still for a long time I had no idea what she was talking about. Then just a few years ago, I got it.<…>

Ce livre je l’ai acheté à la va-vite sur les conseils d’une collègue de formation déjà prof de yoga et qui le possédait déjà et je n’ai pas regretté. Il est disponible seulement en anglais mais comme il est assez simplement écrit c’est donc très facilement compréhensible.D’ailleurs j’ai déjà presque lu les deux tiers!

Le titre est « Anatomy & Asana » mais son accroche « Preventing yoga injuries » prête un peu à confusion parce qu’il y a assez peu de choses sur la prévention des accidents à part quelques conseils d’ordre général. En revanche tous ceux qui suivent une formation, et qui comme moi, n’avaient pas de connaissances au préalable et souhaitent approfondir, c’est vraiment un livre idéal qui couvre tout ce qui est nécessaire de savoir en anatomie en relation avec la pratique des asanas mais surtout sans rester superficiel.

Il se lit d’autant plus facilement que les termes anglais d’anatomie sont quasiment les mêmes que les termes français, empruntant au latin. J’aime beaucoup le format à l’italienne, les nombreuses illustrations, la mise en page et la reliure spirale qui en font un bon outil de travail pratique, le livre pouvant rester ouvert à n’importe qu’elle page et toujours près de mon tapis.

Anatomy and Asana: Preventing Yoga Injuries

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Tamas dans les jambes

notes de séminaire de formation de février

Il y a deux semaines a eu lieu mon dernier séminaire de formation, et pour la première fois avec un prof invité et qui est aussi … attention roulement de tambour: notre futur examinateur. Un certain Bob Blaeser du Minnesota.

Bob

Donc une très bonne première nouvelle pour moi: comme il ne parle pas mieux que moi l’allemand il a une inclinaison toute naturelle à excuser mon mauvais allemand, et surtout pendant les démos. Bob vit à Munich depuis plus de 2 décennies, et je précise qu’il vient de la lignée de Rita Keller. Parce qu’ici, il y a deux zones d’influences principales : les berlinois et les colognais (aka Rita K.). Et vous vous en serez douté, mon école se place sous l’autorité de Rita.
Bob a 70 ans passés et il est très très vivant – c’est le moins qu’on puisse dire – il est très drôle (même si son humour n’est pas du goût de chacun) mais il reste très rigoureux et parfois vraiment sévère.. ça peut faire mal (aux oreilles). On pourrait croire qu’il ne voit plus grand chose à son âge… mais aucun détail ne lui échappe. AUCUN.

Tamas

D’ailleurs, en parlant de détail. Bob me saute littéralement dessus lorsque je pose une question banale sur une posture debout, pour me dire que je ne poserais pas la question si je travaillais un peu plus avec mes jambes. « tes jambes sont « tamasiques » (c’est à dire « flasques » dans le langage courant). Tu dois éduquer ta chair ». Moi dans ma tête j’ai tout de suite pensé à ma vilaine peau d’orange et j’ai failli me sentir terriblement humiliée, ainsi que toute mon ascendance féminine d’origine italienne qui s’enorgueillit de ses formes.

Il y a 10 de cela, je serais sortie de la salle, vexée et certainement en pleurant – complexée que j’étais par mon corps et plus particulièrement par mes jambes. Aujourd’hui cela ne me fait plus rien – même si je n’ai pas trouvé cela très finaud. Dans tous les cas, ne pas me laisser submerger par une émotion négative à ce moment m’a permis d’entendre le message (cette équanimité relative je la dois peut-être aux années de pratique de yoga?).

Mais y a t-il vraiment quelque chose à tirer de cette remarque quelque peu déplaisante?  bosser plus avec mes jambes ou disons travailler avec plus d’intelligence dans les jambes? Next level shit. Sous une (toute petite, je vous assure) couche de graisse mes jambes sont très musclées… alors peut on vraiment tout contrôler avec la seule pratique des asanas? (un régime hypocalorique à vie serait peut-être plus indiqué dans mon cas) et next question: que pense-t-il donc des jambes de nos professeurs indiennes? . Je suis disposée à entendre toutes les remarques, mais celle-ci me laisse encore perplexe…

Abhijata

Structure de l’enseignement

Ceci dit, Bob conserve toute ma sympathie, j’ai trouvé que sa participation à notre séminaire a amené beaucoup de clarté en particulier au niveau des techniques d’enseignement. Nous avons enseigné tour à tour chacune des asanas du syllabus et fait peu d’approfondissement postural. Donc je n’ai pas eu beaucoup de matière à dessiner.

En revanche j’ai pris beaucoup de notes concernant la structure d’enseignement. L’enseignement se déroule à l’intérieur d’une structure bien codifiée qui pour les yogis non-Iyengar peut sembler un peu martiale.. c’est pourtant selon moi, la condition pour que malgré la présence et la manipulation des accessoires, il continue de régner en cours une certaine sérénité.

En premier: organisation spatiale

  • Organisation de l’espace: orientation des tapis en fonction de l’asana à enseigner / on veillera à ce qu’il y ait de l’espace tout autour de la pièce pour pouvoir se déplacer
  • Organisation de la place de chacun: quelles props sont nécessaires pour la posture enseignée et rangement des accessoires non utilisés.

Ensuite, l’enseignement

L’enseignant se tient sur son tapis et appelle les élèves à lui

Démo selon 3 modèles possibles:

  • Démo accompagnée de quelques instructions descriptives de la posture
  • Pour les postures qui ont une droite et une gauche: possibilité de faire une démo silencieuse à droite et une démo commentée par des instructions descriptives à gauche
  • démo silencieuse puis sortir de la posture et commenter (je n’ai pas encore compris l’utilité de cette option…)

Dans tous les cas, le prof garde toujours un contact visuel avec ses élèves. C’est à dire que pour Dandasana par exemple, il ne se disposera pas de côté.

Ensuite l’enseignement à proprement parler à lieu:

les élèves retournent sur leur tapis et on les guide et rentre brièvement dans la posture avec eux en commençant à énoncer les 6 points qui structurent l’enseignement d’une posture on sort avant eux et on corrige.

Les « six holy points » de Bob:

  1. presser le bord extérieur des pieds
  2. presser le talon
  3. monter les tibias / racine des cuisses en arrière
  4. monter la poitine
  5. monter le sommet du crane
  6. tendre les bras jusqu’au bout des doigts

ces 6 points sont la base,  la structure à agrémenter/compléter au cas par cas. Conseil: rester minimal.

Puis faire sortir les élèves de la posture.

Fin.

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« fitfty shades of shoulder opening » avec Glenn Ceresoli

Retour sur le week-end et workshop annuel avec Glenn Ceresoli à notre studio de Hamburg.

Donc, c’était mon troisième workshop avec Glenn Ceresoli. Et la première fois depuis que j’ai entamé ma formation. Cette année, je pensais qu’avec la pratique que j’ai établie régulièrement je ne souffrirais pas d’autant de courbatures que les deux dernières fois, mais ça n’a pas été le cas… C’est d’ailleurs ce qui est fascinant avec le yoga: j’ai toujours des courbatures.

Toujours.

Ma théorie à ce sujet, c’est que plus on raffine sa pratique, plus on apprend à mobiliser des muscles nouveaux pour les mêmes exercices. C’est ce qui est vraiment génial en yoga Iyengar: c’est typiquement le « yoga du chercheur » ou comment parvenir à l’asana parfaite à la fois en expérimentant avec son corps et avec des props – les variations sont infinies et il y a beaucoup de place pour la créativité!  il y a autant de méthodes que de profs et elles sont toutes justes… Tu le vois à ces envolées lyriques, cher lecteur: avec chaque nouvelle courbature, mon enthousiasme est constamment renouvelé !

Bref, revenons à nos moutons, avec Glenn  le chercheur, nous avons consacré une grande partie de ces 2 jours et demi à faire des exercices de préparation pour ouvrir les épaules. J’ai essayé de tirer la substantifique moëlle de ce workshop du mieux que j’ai pu mais c’est très difficile de se souvenir de tout, car c’était très dense..  J’ai retenu surtout deux perles que voici ci-dessous, et un « medley » d’exercices de préparation pour les épaules que je ne commenterai pas car ce serai bien trop long et que les dessins parlent d’eux-même.

Tadasana:

voici une technique intéressante pour conserver l’abdomen souple en tadasana.

La méthode en deux étapes repose sur l’idée que les « leg groins » (« aine coté jambes » ou « aines inférieures »(?!)) et les « pelvic groins » (« aine coté pelvis » ou « aines supérieures » (?!)) sont deux entités indépendantes l’une de l’autre et qu’on les les placera donc  indépendamment l’une de l’autre.

Voyez ci-dessous dans la partie gauche du dessin ce que sont les « leg groins » et les « pelvic groins » (y-a t’il une terminologie française??!!).

Donc on se tient debout, gros orteils et talons joints, les jambes tendues.

A) Placer les « leg-groins »: en premier, on presse et on étale la plante du pied et on appuie un peu plus les bords intérieurs des pieds. Cela a pour effet de donner de la profondeur aux « aines des jambes » en direction des ischions.

B) Placer les « pelvic groins »: une fois la base des membres inférieurs établie, on place les « aines supérieures ». Sans bouger le bas, on penche le buste légèrement en avant, ceci a pour effet d’aplatir la lordose lombaire, quand ceci est obtenu on se redresse tout doucement en veillant à ne pas déranger la forme du bas de la colonne.

A + B = le bon placement du bassin pour tadasana et permet surtout de l’obtenir tout en gardant l’abdomen souple. La position est maintenue grâce à la mobilisation des muscles du périnée. et si tout cela est bien fait, comme Monsieur Jourdain, on fait son  mula bandha sans même le savoir…

tadasana-glenn

Exercice de préparation pour le dos / épaules

(Préparation pour par exemple Urdhva hastasana, Adho mukka svanasana, pincha mayurasana Adho mukka vrksasana etc…)

tout est noté sur le croquis.

prep-dos-ceresoli

 

Medley d’exercices de préparation pour les épaules

shoulder-medley-ceresoli

j’ai oublié AMS avec les coudes posés au sol…

Conclusion:

Depuis que je sais à l’avance que je vais avoir des courbatures, j’ai appris à prévenir. Donc je prend de l’arnica en homéopathie la veille d’un workshop qui promet d’être costaud et puis au retour je saute dans un bain chaud si je peux, sinon je me prépare une bouillote que j’applique là où ça commence à faire mal quand les muscles commencent à se refroidir. Dans tous les cas je masse où ça fait mal avec de l’huile à l’arnica de chez Weleda… Bon c’est un peu hors sujet là, mais peut être ce sera utile à quelqu’un?

Bref, j’étais super contente de mon week-end, d’autant plus que j’avais un peu d’appréhension à l’idée de refaire une crise de nerf comme la dernière fois, mais ce ne fut pas le cas: ce fut un week-end de sueur mais studieux et hyper enrichissant. Une chance d’avoir des enseignants de cet acabi qui passent quasiment « à domicile »!

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Préparation des épaules pour Pincha Mayurasana (suite)

déboires informatiques

La semaine dernière, des déboires informatiques m’ont forcée à revoir toute la structure de ce blog… J’y ai passé beaucoup plus de temps que je ne peux me le permettre et je ne suis pas encore très contente du résultat… En attendant, cette page continue à ressembler à un brouillon. Je vous prie donc de m’excuser s’il y a des liens ou des images manquants et si la navigation n’est pas très claire. Je m’en occuperai après la semaine de formation qui nous attend à partir de samedi.

nouvelles infidélités

Bref je vous passe les détails scabreux de cette sombre mésaventure informatique et je reviens rapidement sur mon week-end. Une amie m’a invitée à participer au workshop d’une certaine Joan Hyman. Une prof de yoga américaine de Vinyasa Flow, une star de là-bas, une vraie « L.A. Chick », quoi.
Très jolie, stylée avec des leggings panthère, l’inévitable collier de perles autour du cou, bronzée -évidemment- et gaulée comme une gravure de magazine… J’ai forcément eu un à priori (ben oui, un véritable Iyengar yogi se mefie de trop de staïle: les profs c’est comme les shorts de yoga: « less is more »). Mais j’ai été bien surprise par la précision de ses instructions (forcément, j’ai appris plus tard qu’elle a fait du yoga Iyengar avec Lisa Walford) et elle m’a vraiment plu avec son accent et son style californian laid-back.

Thème de la matinée: les flexions arrières. Ce fut un cours très agréable en petit groupe. Je suis revenue très inspirée par son workshop entre pratique dynamique et exercices très structurels. Nous avons fait beaucoup de travail avec des props. En fait on a fait du yoga Iyengar entrecoupé de vinyasas corsés… Un peu un comme ma pratique perso, mais en plus costaud. En préparation aux flexions arrières elle nous a fait faire Pincha Mayurasana tel qu’on le fait classiquement en yoga Iyengar. C’est à dire avec un bloc entre les mains et une ceinture au niveau des coudes. Rien de neuf quoi.

préparation à deux à pincha mayurasana

En revanche ça m’a fait repenser à un exercice que nous avons fait en classe de formation: une préparation à deux pour l’ouverture des épaules qui pourrait compléter l’article précédent sur la préparation des épaules.
PINCHA_A_2

Il s’agit donc d’un exercice à deux devant le mur. La personne au sol se tient en chien tête en bas avec les avant-bras au sol (comme pour le début de Pincha) et la deuxième personne contre le mur, fléchit les genoux et les tient serrés ensemble au niveau de l’espace situé entre les omoplates du partenaire qui avance vers le mur petit à petit pour faire levier au niveau des épaules.

Simple et très efficace.

Ici il n’est évidemment SURTOUT pas question de monter dans la posture finale au risque de casser le nez de la personne qui se tient debout!

 

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