Concept de bien-être en yoga

Aller voir ailleurs

J’ai encore été infidèle… oui: je suis encore allée voir ailleurs.

On ne se refait pas.

J’avais pas envie de voir toujours les mêmes têtes, les mêmes profs, le même mur beige plein de cordes. Bref, dans un moment d’égarement hier soir, j’ai décidé de me rendre incognito au cours de Vinyasa Flow juste à coté de chez moi (j’espère que la police du yoga n’en saura rien).

Je connaissais déjà la très belle salle puisque c’est là qu’ont désormais lieu les retraites avec Clive. Ambiance tamisée, encens et musique new-age à base de gongs vibrants sur fond de pluie tropicale et arrière plan décent de voies au ton « world »…  juste assez pour faire fuir le DJ qui est en moi. Sauf que…

Sauf que: il y a des jours où on a pas forcément envie de regarder du cinéma d’auteur, mais plutôt un bon vieux blockbuster. Et hier c’était un jour comme ça. Pas envie de se prendre la tête quoi. Envie d’un prof à la voie douce, pas envie d’entendre parler de mes ischions ou du bord extérieur de mes pieds. Envie de bien-être, quoi.

Oups, le mot est lâché: « Bien-être »

ça sonne comme un gros mot quand on vient du yoga Iyengar, vous ne trouvez pas? Parce que chez nous, on est pas là pour se faire caresser dans le sens du poil. Le bien-être, en yoga Iyengar, ne se trouve pas dans le décorum d’une salle, d’une atmosphère ou dans la voix du prof.. le bien-être on va le chercher soi-même.

En fait ce concept de « bien-être », qui dans le domaine du yoga, définit peut-être la recherche d’une harmonie avec soi et les autres, n’a rien à voir avec le décorum ou avec la forme… c’est simplement la voie du yoga. Mais ne me comprenez pas mal, ça ne veut pas dire qu’il y a un bon et un mauvais yoga: tout comme les bons blockbusters ne sont pas forcément juste des films creux et commerciaux… et croyez moi les gens qui enseignent au studio où je me suis rendue hier soir sont de vrais passionnés et d’authentiques yogis… à chacun sa voie, à chacun son yoga.

Ne t’alarme donc pas cher lecteur, chacun de mes écarts me renforce dans mes convictions… Je reste amoureuse par dessus tout du yoga Iyengar et ne compte pas le quitter de si tôt.

J’adore cette simplicité et cette constance dans notre tradition de yoga Iyengar. La discipline du yoga y est enseignée sans complaisance! (c’est sans doute pourquoi certains profs de yoga Iyengar peuvent même se payer le luxe d’être antipathiques, cqfd).

Yoga bootcamp

Tout ça pour dire que ce concept de « bien-être » colle vraiment à la peau du yoga. Quand j’explique à des non-yogis que je pars en Inde faire du yoga (ah, je vous avais pas dit?), j’ai l’impression qu’il faut tout de suite que j’ajoute que: a) c’est du yoga Iyengar, b) que l’on ne reste pas assis en tailleur, les yeux mi-clos à contempler au sol un mandala de pétales de fleurs, c) avec d’autres jeunes femmes occidentales, d) ravies de se faire chouchouter ayurveda pour pas cher, e) dans un charmant petit beachresort entouré de palmiers f) etc etc …

Bref. Je pars samedi pour Pune… session spéciale avec Abhijata. Et ça va pas ressembler à ça:

La suite au prochain post en direct de Pune.

mon été – première partie (floatting in the cosmic egg)

Fin de l’été

Fin août, fin de l’été. La lumière du soleil a déjà bien changé, ce n’est plus cette lumière chaude qui accompagne les grosses chaleurs; mais une lumière déjà plus blanche qui produit des ombres nettes et de forts contrastes. Le ciel est azur fluo et les petits matins sont redevenus frileux: ambiance rentrée.

Je suis donc tout naturellement de nouveau d’humeur besogneuse: me re-voici derrière mon laptop.

Comme je l’écrivais dans l’article précédent où je mettais en veilleuse ce blog pour l’été, je n’ai pas pour autant chômé niveau yoga, puisqu’en juillet j’ai fait un workshop de 5 jours avec Clive Sheridan à Hambourg, eu ma dernière semaine intensive de formation, puis en août j’ai donné 4 cours et fait un stage « yoga et cheval » avec Ophélia.

Clive Sheridan

Mais commençons par Clive.

C’est donc la deuxième fois que j’assiste au workshop de Clive Sheridan à Hambourg. Il vient ici depuis 20 ou 25 ans, invité pour la première fois par ma prof de yoga. Depuis il y a une petite communauté de fidèles locaux qui reviennent chaque année, mais aussi de nombreux autres yogis qui viennent de partout en Allemagne et d’ailleurs en Europe. Il y a des Ashtangis, des Hatha-yogis, des Iyengar, des Vini-yogis, des sans-école, des super branchouilles, des ésos, des super-pros et des super débutants. C’est vraiment très étonnant de voir tant de paroisses différentes se fédérer derrière ce type… mais c’est surtout rafraîchissant de sortir de sa propre communauté!

un studio pas Iyengar

Yogaraum: un (très beau) studio pas Iyengar

Les journées de workshop sont strictement les mêmes chaque jour. Matin: méditation, pranayama, asanas  – Après-midi: Satsang, asanas, pranayama. Clive nous fait enchainer des séries de postures debout le matin dans un flot super dynamique et l’après-midi, toutes les postures inversées possibles (moi je pouvais pas, j’étais « moonday-girl » ces jours-là). Sa femme Miranda qui l’accompagne partout, l’assiste également et fait les corrections.

Les deux sont d’origine britannique et vivent en Australie. Ils ont donc l’accent le plus sexy du monde et sont dotés d’une extravagance dont seuls les anglais ont le secret. A 60+, Miranda porte des dreadlocks blondes, a un corps splendide et toujours le sourire, Clive – tout aussi souriant et bronzé – avec ses cheveux blancs en bataille et son collier en graines de lotus, porte toujours un legging et un tee-shirt assortis. Rien que cela les ferait passer pour de sympathiques hippies, mais ils sont pour tous ceux qui les ont rencontrés aussi une vraie source d’inspiration.

Clive & Miranda et les filles de Yogaraum

En tant que yogi Iyengar super convaincue, je pourrais (évidemment) trouver à redire sur la pratique posturale, mais ce n’est pas significatif. Ce sont surtout les Satsangs qui sont bouleversants avec Clive. Il s’appuie sur les textes anciens pour expliquer pourquoi le yoga est une méthode puissante de transformation grâce à l’introspection, afin de parvenir à éliminer les émotions perturbatrices et nos conditionnements auto-destructeurs, et permet de libérer l’esprit et ouvrir le coeur (« open the heart and clear the mind », ça sonne vraiment mièvre en français !). Il m’est très difficile de retranscrire ici ce dont nous avons discuté sans tomber dans des platitudes, mais je retiens que tout ce que j’ai entendu colle avec ce que je connais du bouddhisme, le tout servi dans un langage non-religieux et légèrement new-age qui va droit au cœur.

les meufs avec leur Gourou

les meufs avec leur Gourou

Clive cache bien son jeu car sous son air un peu béat se cache un mystique qui connaît les choses telles qu’elles sont. Il est parvenu à un certain niveau de réalisation qui génère un champ d’énergie perceptible autour de lui et grâce auquel s’est créé un véritable sens de communauté entre les 50 participants au stage. A la fin on était tous « high » et définitivement accrocs !

Bref, je pourrais les suivre au bout du monde ces deux-là. Je pense même sérieusement à faire une retraite avec dans la jungle un de ces 4… en revanche, je crois savoir que le programme est super balèze pour mon ego mondain, mais c’est une autre histoire…

Dans le prochain article, je parlerai de mon stage au Boréon avec Ophélia et les chevaux et il y aura peut-être même de nouveau des dessins !

les legging et tshirt de Clive

les legging et tshirt de Clive

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Exercice de préparation à Urdhva Dhanurasana – posture de la roue

Espionnage dans le sud

Toujours dans le sud, je profite de mon séjour pour aller au cours de yoga à Nice chez Christian Pisano. La semaine dernière, c’était la semaine des flexions arrières et j’y suis même allée deux fois, poussée par Ophélia rencontrée au cours de niveau 3, puis au cours 4 – que j’appréhendais sérieusement.

C’est toujours amusant d’arriver dans un nouveau cours avec des nouvelles têtes. Ici, beaucoup d’accents étrangers, pas mal d’hommes et des visages sympathiques. La plupart de ces élèves sont en formation sur place.
Comme la dernière fois, j’ai adoré ce cours de deux heures entre précision, bienveillance et discipline à un tempo très soutenu. Et comme la dernière fois, je me suis surprise à angoisser à l’idée de ne pas être à la hauteur.

Prise de refuge bouddhiste

Le cours commence par une invocation, qui ici n’est pas celle de Pantajalim (je n’ai pas pensé à demander, keskecé ?!) et les habituels « Om »  – qui soit dit en passant, sont chantés avec une exaltation proportionnelle au niveau du cours: et en niveau 4, les « Om » sont carrément décomplexés. Enfin nous avons fait une prise de refuge en sanskrit, ce qui a particulièrement touché la bouddhiste que je suis.

Une semaine après ce cours, je suis bien incapable de me souvenir de la moitié des asanas que nous avons faites, mais heureusement j’ai noté l’exercice de préparation à Urdhva Dhanurasana, une petite perle pour monter correctement dans la posture.

urdhva-dhanurasana

Exercice de préparation à Urdhva Dhanurasana – en deux temps

Dans cet exercice, il s’agit de rentrer dans la posture de la roue en deux temps. La phase intermédiaire servant à effectuer les ajustements subtils nécessaires qui sont difficiles à faire lorsque l’on passe du sol à la posture finale.

Installation:

Ici on place deux blocs longitudinalement devant un mur pour y caler la paume des mains. La tête est au sol, les pieds sont juste devant les fesses et écartés de la largeur du tapis.

1) Dans un premier temps on soulève les fesses dans une sorte de Viparita Dandasana. La tête est posée au sol et les coudes viennent appuyer au mur de la largeur des épaules (croquis du haut/points verts). Cette étape est cruciale pour le bon placement des épaules et de la zone dorsale que l’on obtiendra avec l’astuce suivante: La tête roule de manière à ce que la pointe du nez descende vers le sol (c’est à dire du sommet du crane vers le haut du front). Ce mouvement permet le creusement de la zone dorsale, et donc l’ouverture de la poitrine vers l’avant. En même temps on n’oublie pas de faire son « femur in the socket« . C’est à dire à pousser la tête du femur dans la hanche pour une stabilité de l’ensemble. Ce sont les flèches vertes sur mon croquis.

2) Ensuite, on monte dans la position finale en poussant sur les bras. En veillant à bien conserver le coccyx et la zone dorsale dans un même plan vertical. C’est à dire en restant dans le plan des flèches bleues, pour ne pas perdre les ajustements effectués plus tôt.

Viparita Dandasana

On utilisera la même méthode pour Viparita Dandasana, mais à l’envers. En premier on monte en Urdhva Dhanurasana, on redescend immédiatement la tête au sol qu’on roule vers l’avant, avant de reposer les avant bras au sol dans la posture finale.

 

« femur in the socket » à Anjaliom



Femur in the socket

« Femur in the socket », c’est déjà devenu un mantra parmi mes collègues de la formation… pourtant je n’arrive pas encore à identifier les raisons exactes pour lesquelles nous effectuons cette action dans de nombreuses postures.

femurJ’ai longtemps pensé qu’il s’agissait tout d’abord d’un aspect purement préventif: en effet l’action de faire rentrer la tête du fémur dans la cavité de l’os iliaque évite que le cartilage de cette articulation se détériore lors des mouvements répétés si les deux os ne sont pas parfaitement emboîtés. Cette pathologie est bien connue sous le nom d' »arthrose » (et ceci n’arrive pas qu’aux personnes âgées, les sportifs de haut niveau pratiquant des activités traumatisantes pour les hanches en sont également touchés). Et plus le fémur est dans sa cavité, plus les ligaments qui maintiennent les os à leur place sont préservés, permettant une motion saine de l’ensemble.

Jusque là, facile à comprendre.

Mais, cette semaine, je me trouvais à Paris et j’ai été suivre un cours au centre Anjaliom du 19ème et la jeune femme (honte à moi je ne connais pas son prénom!!) qui nous donnait le cours a mis l’accent sur cette action dans utthita parsvakonasana et nous a fait l’expérimenter, ce qui nous a valu de répéter la posture deux ou trois fois pendant de longues minutes !! Mais j’ai eu une petite révélation en suant!

Stabilité en bas – liberté en haut

Par l’action d’emboîter la tête du fémur dans la cavité iliaque on crée un troisième point fixe en plus des deux autres formés par les pieds fermement ancrés dans le sol. Le bas du corps est comme « indéformable » assurant une base stable pour le haut du corps qui acquiert alors espace et liberté. Dans utthita parsvakonasana le haut du corps tourne alors vers le ciel avec aisance depuis les reins en passant par les épaules et le cou qui suivent facilement!

Euréka! l’ensemble ancrage des pieds + compacité du bassin (par l’action « femur in the socket ») crée une base pour le haut du corps qui peut alors s’élancer verticalement et se mouvoir librement! N’est ce pas ce que l’on fait tout le temps en tadasana sans le savoir? (bon je parle pour moi).

parsvakonasana-femur

En allant plus loin dans mes recherches j’ai trouvé cet article en anglais, où l’on trouvera encore de nombreuses autres explications.

Anjaliom la première semaine du mois

Alors que la salle se remplissait, j’étais agréablement surprise de voir de nombreux garçons venir au cours dont un jeune homme bien bâti assis derrière moi qui a chanté l’invocation avec beaucoup de sensibilité. Notre jeune prof m’a impressionnée, en plus d’être très jolie et drôle, ses instructions étaient terriblement précises (même si la terminologie française me surprend à chaque fois) – cette semaine comme partout ailleurs dans les écoles Iyengar, le thème était les postures debout: ici, le tempo du cours était vraiment soutenu et les postures tenues longtemps… même le jeune homme bien bâti derrière moi a fini par souffler comme un bœuf, et moi j’étais plus bonne à rien après virabhadrasana III… Bref, j’ai sué mais j’ai vraiment appris! Je reviendrai, c’est sûr puisque je dois retourner à la capitale assez rapidement.