Notes d’été et théorie du « sequencing » en yoga Iyengar

Mon mari a jeté (par inadvertance) mon carnet de croquis…
je vous laisse imaginer le drame à la maison. Je suis pas du genre à tenir aux objets en général, mais mon carnet de croquis!!!

Du coup tout ce que je voulais raconter dans ce blog est parti à la poubelle en même temps que mon petit moleskine rouge. Je vous épargne les détails de la mésaventure et surtout la scène de ménage qui a suivi, car tout cela est hors-sujet ici.

Adieu donc les notes sur les différentes constructions pour le pranayama allongé, les vinyasas pratiqués en classe et tout le reste… (en fait je n’arrive pas à m’en remettre). Heureusement que pendant l’été, je n’ai pas chômé et que j’avais déjà mis au propre pas mal de choses concernant la théorie du « sequencing » et mes notes de stage au Tardoun avec Christian Pisano, etc.

carnet-fny

Adieu

Le pire dans tout ça, c’est qu’avec le  carnet j’ai perdu les contact des belles rencontres faites au Tardoun en juillet, alors si vous me lisez chers, Catrina, Claire, Emilie, Nathalie, Stéphane, et les autres, n’hésitez pas m’envoyer un petit mot, je pense à vous et je voudrais bien reprendre contact <3

Semaine intensive d’août:

Directement après mon retour en Allemagne, j’ai enchaîné avec la première semaine de formation intensive de la rentrée. Et comme l’année dernière, la reprise a été rude puisque nous avons tout de suite commencé par la séquence de level II sans préambule et avec timer: et ça m’a mise a plat pour les 7 jours à suivre. Il faut dire que j’ai pratiqué tout autrement pendant mon séjour en France: tous les jours mais moins intensivement, un peu à cause de la chaleur, un peu parce que seul, on est plus coulant 😉

La seule chose qui me reste donc de cette semaine, c’est ma planche de dessin sur mes notes sur le « séquencing ». On trouve beaucoup d’informations à ce sujet sur internet et je me suis permise la petite fantaisie que voici, qui condense en une sorte de tableau les éléments vus avec notre formateur.

sequencing-iyengar

Le découpage hebdomadaire

Si vous êtes un habitué des salles de yoga Iyengar, vous savez que:

  • la première semaine du mois on pratique les postures debout,
  • puis viennent les flexions vers l’avant la deuxième semaine,
  • en troisième semaine ce sont les flexions vers l’arrière,
  • enfin la quatrième semaine on pratique des postures dites récupératives.

Si le mois compte cinq semaines, alors on déplace les postures récupératives en cinquième semaine et on fera une semaine dite « freeestyle » (à la discrétion du prof) en quatrième semaine.

Et savez vous pourquoi ce découpage hebdomadaire? Et bien parce que c’est ce qui se fait à l’institut à Pune, par commodité. Car les étrangers viennent pour la plupart y étudier un mois complet et ils n’arrivent évidemment pas tous en début de mois. Alors pour être sûrs qu’ils aient une palette d’enseignement complète on a intégré cet ordre. Et la plupart des studios de yoga Iyengar ont repris ce système à leur compte: du coup vous pouvez être sûr que de New-York à Dehli tous les Iyengar-Yogis font des postures debout cette semaine 😉

Si vous regardez mon tableau ci-dessus, vous verrez que j’ai découpé le cours en 3 parties, un peu comme une chanson : intro / main / outro (ça c’est mon côté DJane qui ressort).

Intro

En intro, il y a toujours le « rituel de consécration » comme dirait Christian, c’est à dire en langage plus profane, qu’après avoir pris place en Svastikasana, on chante le Om trois fois, et en cours avancé on y ajoute les invocations. C’est le rituel qui ouvre la parenthèse hors du temps du cours de yoga. Tout de suite après on fera une pose qui vise à centrer l’élève, c’est à dire une pose plutôt symétrique, genre Adho Mukka Virasana.

Main

Ensuite vient le « bloc » thématique de la semaine. La semaine récupérative est un peu différente, j’en parlerai plus bas.

Pour les semaines postures debout, flexions avant et flexions arrières, il est possible de commencer par des salutations dynamiques en guise d’échauffement, mais ce n’est pas obligé. Dans les cours avancés on peut même commencer avec des postures inversées.  Sinon en général on commencera toujours par des exercices de préparation selon la thématique du cours.

Pendant la semaine des postures debout:

On commencera par des postures latérales, puis on continue par des postures ou le bassin est tourné vers l’avant, et puis on finira le bloc thématique avec des postures symétrique à l’effet « refroidissant comme Prasarita Padottanasana.

Pendant la semaine des flexions-avant:

On commencera avec des flexions avant debout, puis assises, et on inclut si possible toutes les postures de renforcement de la sangle abdominale qui sont aussi des flexions avant comme Ardha Navasana, Paripurna Navasana et en cours avancé, les équilibres sur les mains. Ici j’ai aussi noté qu’en cours avancé il est possible de finir avec une contre position, c’est à dire avec une flexion arrière.

Pendant la semaine des flexions-arrières:

Comme les deux semaines précédentes, on commence avec des exercices de préparation. Evidemment, les dites « baby-backbends » précèdent des flexions arrières plus intenses comme Urdhva dhaurasana. J’ai noté qu’il était important de prévoir assez de temps à la fin du cours pour être sûr de pratiquer des postures qui visent à calmer l’effet dynamisant des flexions arrières (surtout si le cours a lieu les soir!).

La semaine récupérative

Pendant cette semaine, il y a beaucoup de latitude, exit les salutations, jumpings et autres postures dynamiques. Ici on peut tout faire, même des postures debout à condition qu’elles soient soutenues. C’est aussi par excellence la semaine de tous les suptas, à pratiquer sans modération.

Outro

En principe en fin de cours on a toujours les inversions, si elles n’ont pas déjà été pratiquées en début. Sirsasana précède Salamba sarvangasana – ou plus généralement, tous les éléments contenant une jalandara bandha viennent en fin de cycle. En semaine récupérative, les inversions sont soutenues (par exemple rope sirsasana / chair shoulderstand).

Et puis évidemment Savasana


Conclusion

L’art du séquencing est très complexe et ces quelques règles ne sont que des points d’appui pour les profs débutants. Les grands maîtres bousculent parfois ce système pour obtenir un effet recherché sur leurs élèves et il n’y a qu’à regarder les séquences parfois données par Geeta ou Prashant à l’institut de Pune pour remarquer que leur enchaînement d’asanas n’a rien à voir avec les principes énoncés ci-dessus. Mais le yoga et le séquençage sont un apprentissage pour la vie, la meilleure règle étant d’observer quel effet aura tel ou tel autre enchaînement dans sa propre pratique. On en revient donc toujours au même mantra: « Do your practice and all is coming » comme dirait l’autre.


[alert-success]Ci-dessous quelques uns des ouvrages dont je me sers pour mes cours:

 

on trouvera beaucoup de séquences différentes dans:

[one_fourth]Yoga The Path to Holistic Health

Convention de yoga Iyengar à Bielefeld

Bielefeld

Ben oui, moi non plus je n’avais jamais entendu parler de Bielefeld avant de DEVOIR m’y rendre, convention oblige. Ici il faut que je précise que si j’habite dans une grande ville d’Allemagne, et y suis parfaitement heureuse, l’idée de devoir séjourner en province teutonne me déprime sévèrement d’avance.

Alors Bielefeld, quoi dire? La convention a eu lieu dans une ancienne fabrique de textiles très joliment réhabilitée en salle polyvalente, se trouvant elle-même dans un très joli parc. Et c’est donc à peu près tout ce que j’ai vu, et j’ai même trouvé ça pas mal! Nous avons eu très beau temps et la convention était un rêve d’organisation conforme à l’idée de ce que l’on se fait des allemands. Bielefeld-2

Zubin Zarthoshtimanesh

Ce qui frappe d’abord chez Zubin, c’est ses jambes. Et puis son charisme. Et puis ses jambes.

Des vraies jambes musclées taillées comme deux grosses carottes. Sans blague: il a de très belles jambes puissantes et typiquement « Iyengar » où l’avant, l’arrière, et les côtés sont presque uniformément en ligne droite de haut en bas. C’est très beau à voir.

Comme l’année dernière avec Gulnaaz Dashti, il m’a fallu un certain temps pour m’habituer au style de l’enseignement à l’indienne qui ne s’embarrasse pas de fioritures inutiles. J’admets même que dès les premières heures cela m’a vraiment ennuyée. Mais tout comme l’année dernière aussi, il y avait beaucoup de très bonnes choses à prendre et encore beaucoup d’énigmes à percer….

Nous avons fait beaucoup d’aller-retours entre tapis et podium, beaucoup écouté et peu pratiqué. Ce qui m’a plu chez Zubin c’est son côté anti-dogme. J’ai pris assez peu de notes car c’était trop compliqué.. Donc vous ne trouverez rien dans cet article sur les exercices que nous avons fait.

Hamburg-bielefeld

Mes collègues de Hambourg et Zubin

Skin loose, skin loose!

Si vous suivez ce blog, vous savez que c’est une sorte de malédiction qui me poursuit depuis le début de la formation. Et voilà que Zubin s’y met aussi: alors que je me donnais un mal de chien à activer les muscles stabilisateurs de l’arrière des cuisses en supta padangusthasana 1, notre orateur qui se promenait entre les rangs de tapis s’arrête à ma hauteur et tape du bout de son pied sur le haut de ma cuisse, en criant dans son micro et avec son charmant accent indien: « SKIN LOOSE, SKIN LOOSE! »

« Rogntudjuûû, mais qu’est ce qu’ils ont tous avec mes gigots??!! », j’ai d’abord pensé. Et puis, la pensée suivante a été: « Aaaah la délicatesse légendaire des profs de yoga Iyengar ». Enfin la pensée qui est venue beaucoup plus tard a été: « quelle est cette vérité que je n’arrive pas à appréhender derrière ces remontrances peu délicates? » . J’avais déjà eu une remarque similaire et tout aussi peu subtile de la part de Bob notre examinateur. Puis d’autres presque hebdomadaires de la part de Christo notre formateur… Pourtant, je vous assure que je ne ménage pas mes efforts!

« Practice, practice and  all is coming », comme dirait l’autre. N’empêche que moi, je ne sais pas comment m’y prendre.

Lecture

D’ailleurs cela me fait rebondir sur ce livre (Anatomy and Asana: Preventing Yoga Injuries) que j’ai acheté durant la convention et dont je prélève une citation au sujet de tadasana ici, et qui fait écho à l’énigme ci-dessus:

As a beginning student, I remember my teacher telling me that Tadasana was the foundational position of all yoga asanas. I have to admit, I thought she was crazy.<…> her tadasana teachings meant nothing to me. But I knew something were missing.<…> Still for a long time I had no idea what she was talking about. Then just a few years ago, I got it.<…>

Ce livre je l’ai acheté à la va-vite sur les conseils d’une collègue de formation déjà prof de yoga et qui le possédait déjà et je n’ai pas regretté. Il est disponible seulement en anglais mais comme il est assez simplement écrit c’est donc très facilement compréhensible.D’ailleurs j’ai déjà presque lu les deux tiers!

Le titre est « Anatomy & Asana » mais son accroche « Preventing yoga injuries » prête un peu à confusion parce qu’il y a assez peu de choses sur la prévention des accidents à part quelques conseils d’ordre général. En revanche tous ceux qui suivent une formation, et qui comme moi, n’avaient pas de connaissances au préalable et souhaitent approfondir, c’est vraiment un livre idéal qui couvre tout ce qui est nécessaire de savoir en anatomie en relation avec la pratique des asanas mais surtout sans rester superficiel.

Il se lit d’autant plus facilement que les termes anglais d’anatomie sont quasiment les mêmes que les termes français, empruntant au latin. J’aime beaucoup le format à l’italienne, les nombreuses illustrations, la mise en page et la reliure spirale qui en font un bon outil de travail pratique, le livre pouvant rester ouvert à n’importe qu’elle page et toujours près de mon tapis.

Anatomy and Asana: Preventing Yoga Injuries

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résolutions yoga 2016

Tenir ce blog est devenu une chose importante dans mon quotidien! Mais ce n’est pas un simple journal, son contenu ne m’est pas seulement destiné, puisqu’il est partagé avec vous, chers lecteurs, qui y trouvez visiblement un certain intérêt. Je suis d’ailleurs sûre que vous l’aurez compris, j’essaye d’être fidèle à l’esprit du yoga. Ce n’est pas moi que je veux mettre en avant mais plutôt partager mon expérience.

Et les retours nombreux et positifs me démontrent que ce partage est très apprécié (et ceci est valable dans les deux sens : merci merci ! à ceux qui prennent le temps de lire, commenter, « liker » et envoyer des messages directement <3 )
Seulement j’y passe beaucoup de plus de temps que je ne devrais … Et puis, c’est bien beau de faire du yoga tous les jours, de se payer une formation de trois ans et de participer à tous les ateliers qui vont avec: mais ça ne nourrit pas son homme!

commencer à enseigner

Voilà donc une longue introduction pour dire qu’aujourd’hui on va parler sousous dans la popoche.
Comme je n’ai plus d’activité rémunérée depuis environ un an, le petit coussin financier sur lequel j’étais confortablement installée commence à se tasser, or si je veux continuer à ce rythme là, il faut que je recommence rapidement à gagner quelques euros.
A l’heure actuelle il m’est inconcevable de retourner travailler dans mon ancienne branche, 8 heures par jour (même 4, d’ailleurs)… Je veux mettre à profit ce que j’ai appris. Et puis j’ai acquis la conviction qu’il faut commencer à enseigner le plus rapidement possible pour ne pas avoir peur de se lancer lorsqu’on aura enfin notre diplôme en poche.
Bien sûr, je ne pourrais pas me réclamer de la tradition Iyengar tant que je n’aurais pas mon diplôme. Mais à ce stade de la formation, je ne me sens pas moins habilitée à enseigner que quelqu’un qui aurait fait une formation en 6 semaines au fin fond de l’Inde (ou même ailleurs).

Courant 2016, je compte donc mettre en place un cours pour un petit groupe d’amis et de connaissances. Si ça fonctionne, le faire évoluer en un cours ouvert à tous.

monétiser, comme on dit dans le jargon du ouèbe

Par ailleurs, pour en revenir au blog, j’ai décidé d’en tirer quelques revenus. Comme je le disais plus haut, c’est un investissement important en temps et en énergie. Et je pense qu’une retombée financière serait justifiée afin que les lecteurs continuent à profiter du contenu et que mes efforts soient récompensés. Une « win-win » situation, quoi.
Mais la question de la « monétisation » d’un blog est évidemment problématique. Pour conserver mon indépendance rédactionnelle, j’exclue d’écrire des billets sponsorisés pourtant très bien payés. Donc restent les bannières publicitaires, rémunérées au clic – ce n’est pas très joli mais il faut que je teste – et l’affiliation que j’ai déjà mis en place pour Lumière sur le Pranayama par exemple : chaque fois que vous commandez un livre en passant par mon site (c’est à dire lorsque vous cliquez sur un lien Amazon depuis cette page), je touche un pourcentage de l’ordre de 5-7 % du montant de votre achat (précision: cela n’augmente pas le prix de l’article acheté). C’est pas le Pérou, mais ça couvera peut-être au moins les frais d’hébergement de ce blog et une partie de mon abonnement au studio de yoga ;).

Donc attendez vous à voir quelques changements formels sur ce blog. Comme l’apparition de cette page « références » qui comporte une liste de références (appelée à s’allonger) commandables chez Amazon. Et l’apparition de quelques bannières publicitaires à droite et à gauche mais aucun compromis sur le contenu!

A part ça, j’arrête le sucre et le café pendant 6 semaines… juste pour voir. Et vous quelles sont vos résolutions pour 2016?

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Pranayama Dipika – Samavrtti et Visamavrtti Pranayama

Suite de mes notes de lecture sur Pranayama Dipika – chapitre 18  « Vrtti Pranayama »

Le chapitre 18 décrit Samavrtti Pranayama, que l’on pourrait traduire par la « respiration régulière » et Visamavrtti Pranayama, la « respiration irrégulière ». Les deux sont décrites en termes de ratios. On peut donc dire que je me régale, car ce chapitre 18 de Pranayama Dipika avec ces ratios, était aussi bien illustrable que le chapitre 15 sur les kumbakhas . Je me suis permise la petite fantaisie ci-dessous.

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Conclusion:

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J’ai trouvé amusant de retranscrire ces cycles en parallélépipèdes. Ceci n’engage naturellement que moi, et il se peut que l’on trouve abusif cette représentation libre!! Mais comme je l’évoquais précédemment dans des articles concernant le pranayama, j’ai parfois du mal avec cette discipline particulière et cette représentation visuelle m’aide beaucoup. Enfin, cette planche si didactique qu’elle soit est un condensé extrême et ne dispense pas de la lecture du livre que je trouve décidemment plus en plus inégalable. en effet, comme d’autres, j’ai reculé à l’idée de l’aborder mais il est vraiment pensé pour nous les occidentaux, parfaitement rationnel et simplement expliqué. Voici donc le lien d’affiliation Pranayama Dipika – Lumière sur le Pranayama pour se procurer cet indispensable.

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