Arrivée à Pune

Pélerinage à la mecque du Yoga

Après un voyage de presque 24 heures nous voici arrivées à Pune à 5 heures du matin. Nous prenons un taxi jusqu’à notre domicile indien. A l’adresse donnée, nous trouvons une splendide villa moderne encore endormie dont le propriétaire est un réalisateur de films qui cartonnent. C’est une maison vraiment superbe, toute conçue pour vivre autant à l’extérieur qu’à l’intérieur avec au centre du patio un bassin et des lotus. Une fois sortis de leur lits, les occupants de la maison nous reçoivent très chaleureusement… Et offrent toute l’aide dont nous pourrions avoir besoin. Nous nous éclipsons dans notre chambre – le voyage nous a épuisées.

Escale à Dehli

Escale à Dehli

C'est pas degueu chez nous

C’est pas degueu chez nous

Après deux heures de sommeil, il nous tarde d’aller nous enregistrer à l’institut, mais pour cela il va d’abord falloir changer nos euros en roupies. C’est une opération délicate depuis que le gouvernement a décidé de supprimer les billets de 500 et de 1000 roupies. Les banques sont à court de petites coupures et ne délivrent qu’à leurs clients, des petites sommes rationnées journellement. Les files d’attentes devant les banques sont réellement interminables. Les distributeurs sont pris d’assaut et à court de devises.

Bref, notre hôte prêt à tout pour nous rendre service sort son smartphone, baragouine 30 secondes en maharathi et nous dit de patienter. 15 min plus tard, un homme sorti de nulle part, avec une valise de billets à la main nous échange nos euros en billets de 100 roupies (un peu plus de 1 euro). Il nous faudra passer du porte monnaie au sac en plastique (c’est évidemment réthorique) pour ranger nos roupies, tant il y en a. Incredible India.

En attendant l'homme à la valise, je croque la maman de notre hôte

En attendant l’homme à la valise, je croque la maman de notre hôte

Liasses en poche, nous nous rendons enfin à l’institut pour s’enregistrer et prendre nos props kits. C’est l’extase. Je suis complètement euphorique a l’idée de me trouver à l’épicentre, à la Mecque du yoga.

l’institut

Un tapis rouge à été déroulé devant le portail jusqu’à l’entrée de l’institut devant les étagères où l’on dépose ses chaussures. Ce qui saute aux yeux c’est la taille du lieu, tout semble un peu petit. Comme si on avait tout réduit d’environ 10 pour-cent. Il faut dire que les indiens sont franchement petits par rapport à nous, le modulor maharathi doit mesurer environ 1,65m.
Tout me paraît mignon et verdoyant et les autres participants ont l’air d’être tout aussi high que moi. Quelle émotion d’être enfin assises dans cette salle mythique que nous avons vue mille fois en photo! Après tout nous avons été sélectionnés parce que nous sommes des élèves de niveau intermédiaire, c’est à dire que nous pratiquons depuis 3 à 10 ans et la très grosse majorité n’est jamais venue à l’institut avant…

Enregistrement des participants

Enregistrement des participants

image

Les props kits

Après une première nuit d’insomnie à cause du décalage – mais surtout à cause du mariage juste à côté – c’est le grand jour, nous nous rendons de nouveau à l’institut pour une présentation. Demain les choses sérieuses commenceront avec les enseignements d’Abhijata.

Abhijata

Je vais t’avouer quelque chose tout de suite cher lecteur: je n’étais pas très partante pour étudier auprès d’Abhijata. En fait cette histoire de dynastie familiale à toujours causé un sérieux doute chez moi. Pourquoi faut-il que cette jeune femme soit plus qualifiée qu’un autre pour reprendre le flambeau? juste parce que c’est la petite fille du gourou? Il y a des milliers d’autres profs ultra qualifiés en Inde ou ailleurs. Et ils ont commencé le yoga avec BKS Iyengar bien avant qu’elle ne vienne au monde!

Bref, je me suis tout de même fait persuader (et ça n’a pas été très difficile) par mon amie et collègue de formation qu’il fallait entreprendre ce voyage… parce qu’on n’aurait peut-être plus l’opportunité tout de suite, qu’après la formation on aurait d’autres objectifs, que de toute façon il s’agissait surtout d’un pèlerinage etc etc.
Et le premier jour d’enseignement a fini par me convaincre entièrement. Je ne vais pas vous raconter ici le contenu des enseignements, je n’ai pas mis au propre mes notes et je n’ai encore rien dessiné. De plus si ça vous intéresse, de nombreux participants ont déjà partagé des tas de notes détaillées sur leur page Facebook.

Non, je voudrais ici juste faire part de mon enthousiasme. Car sous son air très juvénile, Abhijata a su mener d’une main de maître une salle de plus de 300 yogis avec concentration, précision, humour et beaucoup d’humilité. Les enseignements sont ponctués de petites anecdotes de son apprentissage auprès de Guruji. Et c’est bien cela qui transpire chez elle. Bien plus que sa qualification à être là, mais le fait qu’elle a été choisi par ce dernier pour être l’objet de sa transmission, ce qu’elle s’attache à faire avec une véritable grâce et beaucoup de générosité.

Gratitude

Il n’y a pas à dire, je suis vraiment heureuse d’avoir fait ce voyage et d’avoir la chance de recevoir les enseignements d’Abhijata. C’est amusant de la voir sur cette scène entourée de ses deux assistants Raya et Uday. Elle les mène à la baguette (au sens propre puisqu’elle elle tient un manche à balai pour montrer) et tous les trois partagent une complicité qui est vraiment charmante à observer.

En relisant ce dernier paragraphe, je me dis que ça sonne un peu niais. Mais c’est bien ce que je ressens, je suis peut-être trop euphorique et un peu beâte. En tous cas je sais maintenant ce que veulent dire les LA chicks qui ont déroulé leur tapis à côté du mien, quand elles disent « i am so grateful ».

Béatitude

Béatitude et jetlag

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Concept de bien-être en yoga

Aller voir ailleurs

J’ai encore été infidèle… oui: je suis encore allée voir ailleurs.

On ne se refait pas.

J’avais pas envie de voir toujours les mêmes têtes, les mêmes profs, le même mur beige plein de cordes. Bref, dans un moment d’égarement hier soir, j’ai décidé de me rendre incognito au cours de Vinyasa Flow juste à coté de chez moi (j’espère que la police du yoga n’en saura rien).

Je connaissais déjà la très belle salle puisque c’est là qu’ont désormais lieu les retraites avec Clive. Ambiance tamisée, encens et musique new-age à base de gongs vibrants sur fond de pluie tropicale et arrière plan décent de voies au ton « world »…  juste assez pour faire fuir le DJ qui est en moi. Sauf que…

Sauf que: il y a des jours où on a pas forcément envie de regarder du cinéma d’auteur, mais plutôt un bon vieux blockbuster. Et hier c’était un jour comme ça. Pas envie de se prendre la tête quoi. Envie d’un prof à la voie douce, pas envie d’entendre parler de mes ischions ou du bord extérieur de mes pieds. Envie de bien-être, quoi.

Oups, le mot est lâché: « Bien-être »

ça sonne comme un gros mot quand on vient du yoga Iyengar, vous ne trouvez pas? Parce que chez nous, on est pas là pour se faire caresser dans le sens du poil. Le bien-être, en yoga Iyengar, ne se trouve pas dans le décorum d’une salle, d’une atmosphère ou dans la voix du prof.. le bien-être on va le chercher soi-même.

En fait ce concept de « bien-être », qui dans le domaine du yoga, définit peut-être la recherche d’une harmonie avec soi et les autres, n’a rien à voir avec le décorum ou avec la forme… c’est simplement la voie du yoga. Mais ne me comprenez pas mal, ça ne veut pas dire qu’il y a un bon et un mauvais yoga: tout comme les bons blockbusters ne sont pas forcément juste des films creux et commerciaux… et croyez moi les gens qui enseignent au studio où je me suis rendue hier soir sont de vrais passionnés et d’authentiques yogis… à chacun sa voie, à chacun son yoga.

Ne t’alarme donc pas cher lecteur, chacun de mes écarts me renforce dans mes convictions… Je reste amoureuse par dessus tout du yoga Iyengar et ne compte pas le quitter de si tôt.

J’adore cette simplicité et cette constance dans notre tradition de yoga Iyengar. La discipline du yoga y est enseignée sans complaisance! (c’est sans doute pourquoi certains profs de yoga Iyengar peuvent même se payer le luxe d’être antipathiques, cqfd).

Yoga bootcamp

Tout ça pour dire que ce concept de « bien-être » colle vraiment à la peau du yoga. Quand j’explique à des non-yogis que je pars en Inde faire du yoga (ah, je vous avais pas dit?), j’ai l’impression qu’il faut tout de suite que j’ajoute que: a) c’est du yoga Iyengar, b) que l’on ne reste pas assis en tailleur, les yeux mi-clos à contempler au sol un mandala de pétales de fleurs, c) avec d’autres jeunes femmes occidentales, d) ravies de se faire chouchouter ayurveda pour pas cher, e) dans un charmant petit beachresort entouré de palmiers f) etc etc …

Bref. Je pars samedi pour Pune… session spéciale avec Abhijata. Et ça va pas ressembler à ça:

La suite au prochain post en direct de Pune.

Matériel de pranayama

Ma collaboration avec Bakchichbaba

Alors voilà, si vous suivez ce blog, vous avez peut-être constaté que depuis quelques mois déjà, est apparu sur la barre latérale de droite, un encart publicitaire pour la marque française «Bakchichbaba» … si si, je monétise ce blog! et je ne vais pas vous cacher que je suis ravie à l’idée de gagner quelques euros en compensation du travail que cela représente… mais ne croyez pas pour autant que je me vends à n’importe qui !

En effet avant d’avoir inséré cette pub, j’ai reçu plusieurs autres types de propositions commerciales pour des produits qui ne correspondent pas du tout (mais alors pas du tout) à ce blog et encore moins à l’esprit du yoga – ou du moins celle que je m’en fait. Cela va sans dire que j’ai refusé à l’appel mercantile des marques. Mais avec Bakchich, c’est pas tout à fait pareil.

En fait j’étais déjà une cliente bêta de Bakchichbaba. Je connaissais les produits et leur qualité, alors quand Dessislava – la créatrice de la marque – m’a contactée, je n’ai pas hésité longtemps. Cette collaboration est pour moi idéale puisque la philosophie de sa marque correspond bien à celle de mon journal, que ce sont aussi des produits que j’utilise à titre personnel et que je les recommande volontiers.
C’est ainsi qu’avec l’encart, j’ai aussi commencé à écrire des articles pour son journal en ligne. Enfin, tout comme moi, Dessislava tient seule la barre de sa petite entreprise, et c’est ce qui a fini de me la rendre vraiment sympathique.

Matériel de pranayama en bois

Tout ça pour dire qu’un objet mystérieux se trouvant sur la boutique en ligne avait déjà attiré mon attention depuis longtemps et que je n’en avais jamais vu auparavant… un objet en bois sobrement nommé « matériel de pranayama »

materiel-de-pranayama

Matériel de pranayama – photo du shop Bakchichbaba

D’après la photo sur le site cela me paraissait prometteur. J’ai donc proposé à Dessislava de tester son produit pour et en faire un article. Et pour être complètement transparente avec vous, elle m’a fait parvenir l’article à titre gracieux mais n’a pas exigé de conditions particulières en retour, sachez donc que ce post est rédigé entièrement librement.

materielpranayama1De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un objet composé de deux pièces en bois. Un manche et une pièce oblongue arrondie sur une face et avec des réservations sur l’autre face qui permettent de l’imbriquer sur le manche en long ou en large.

L’objet est fabriqué en Bulgarie, le pays natal de Dessislava, en bois de frêne certifié FSC issu de forêts à gestion durable, il paraît d’ailleurs que la législation est particulièrement stricte à cet égard en Bulgarie !

D’où vient-il ?

Dessislava m’a raconté avoir vu cet objet à Pune, à l’institut Ramamani de yoga Iyengar. C’est un objet crée par BKS Iyengar pour la pratique du Pranayamana (techniques de respiration) qui, vous allez le voir ci-dessous, démontre et confirme une fois de plus la créativité et le génie de notre grand maître. Je l’ai emmené à mon studio de yoga de Hambourg pour le montrer à mon prof et formateur, qui en avait déjà vu un, une seule fois chez notre Rita Keller nationale. Il n’en avait jamais vu ailleurs et n’en avait jamais utilisé lui même. S’ensuivit donc une petite séance de test avec mon collègue Sven.


Le test

De l’effet des différentes positions de l’objet

Nous avons en premier testé les deux positions possibles de l’accessoire dans le dos.
Et il nous est vite apparu que la position transversale (photo b) n’avait pas beaucoup d’intérêt pour nous.

Dès la première utilisation, on comprend vite l’effet des deux positions. La position longitudinale (photo a) presse le long de la colonne vertébrale et permet de « lisser les bosses » … Tandis que la position transversale permet une plus grande ouverture de la poitrine à condition que l’objet soit placé suffisamment haut dans le dos…

Et c’est bien là la difficulté de la position transversale : pour maintenir l’objet à la bonne hauteur dans le dos il faut positionner la barre très haut sur les avant-bras et même si on utilise de la hauteur sur les cuisses pour avoir les mains plus haut, la barre descend inévitablement en glissant sur le tee-shirt créant plus de lordose dans le dos si l’on est pas attentif.

positions

« Paschima-Namaskarasana »

En revanche la position longitudinale de l’objet dans le dos c’est le rêve! On peut le voir sur la photo a ci-dessus, l’objet ne se trouve pas exactement entre les omoplates. Mais on pourra en régler la hauteur en plaçant les mains plus haut, sur des couvertures par exemple. J’ai trouvé la hauteur optimale: car pour qui, comme moi, a tendance à creuser les lombaires, on pourra se concentrer à les plaquer contre la pièce en bois.  Les coudes derrière la barre en bois fixent les épaules dans une position idéale. Le haut de la pièce de bois presse exactement au niveau du sternum comme une invitation à l’élever un peu plus. Un peu comme le font les mains en Paschima namaskarasana! 

Une autre bonne surprise, c’est que la barre est assez longue et l’ensemble fonctionne aussi très bien pour des carrures plus imposantes, comme celle de Sven.

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Cette découverte de l’utilisation de cet objet comme ersatz de Paschima Namaskarasana nous a poussé à explorer plus loin notre test… Dans des variations de postures debout qui se font avec les mains dans le dos ou concaves: comme Uttanasana ou Parsvottanasana par exemple. Et là encore l’utilisation de cet objet est géniale.

Car dans ces flexions avant où le dos doit impérativement rester droit et les mains jointes, il n’est pas rare de voir que le dos se courbe même chez ceux qui arrivent à réunir les mains, car la colonne vertébrale s’arrondit et compense ce que les ischios-jambiers ne sont plus en mesure de donner pour exécuter la flexion avant…. Ici avec cet objet: plus moyen de tricher! et je vous assure que l’on sent la différence dans l’arrière des jambes.

uttanasana-parsvottanasana

conclusion:

je trouve que « Paschima-stick » serait un très bon nom pour cet objet qui n’en a pas – sauf que c’est un peu long. C’est un très bon accessoire pour apprendre à s’assoir correctement et pour le pranayama en position assise: Ujjayi et Viloma, mais pas le pranayama digital puisqu’une fois le coude placé derrière le manche les doigts ne parviennent plus jusqu’au nez 🙂

A titre personnel j’ai commencé à m’en servir pour ma pratique du pranayama. J’avoue que je suis très convaincue de cet objet qui me permet de rester plus longtemps assise et parfaitement droite.

Enfin  je pense vraiment que c’est un objet que l’on devrait voir plus souvent dans les salles de yoga. Si j’avais un studio, je me procurerai deux ou trois de ces « sticks ». Je les utiliserai avec certains élèves qui s’affaissent en position assise ou qui ne comprennent pas l’extension du tronc dans les postures avant… Ou enfin pour les dos récalcitrants!


Articles paru sur le journal de Bakchichbaba:

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Notes d’été et théorie du « sequencing » en yoga Iyengar

Mon mari a jeté (par inadvertance) mon carnet de croquis…
je vous laisse imaginer le drame à la maison. Je suis pas du genre à tenir aux objets en général, mais mon carnet de croquis!!!

Du coup tout ce que je voulais raconter dans ce blog est parti à la poubelle en même temps que mon petit moleskine rouge. Je vous épargne les détails de la mésaventure et surtout la scène de ménage qui a suivi, car tout cela est hors-sujet ici.

Adieu donc les notes sur les différentes constructions pour le pranayama allongé, les vinyasas pratiqués en classe et tout le reste… (en fait je n’arrive pas à m’en remettre). Heureusement que pendant l’été, je n’ai pas chômé et que j’avais déjà mis au propre pas mal de choses concernant la théorie du « sequencing » et mes notes de stage au Tardoun avec Christian Pisano, etc.

carnet-fny

Adieu

Le pire dans tout ça, c’est qu’avec le  carnet j’ai perdu les contact des belles rencontres faites au Tardoun en juillet, alors si vous me lisez chers, Catrina, Claire, Emilie, Nathalie, Stéphane, et les autres, n’hésitez pas m’envoyer un petit mot, je pense à vous et je voudrais bien reprendre contact <3

Semaine intensive d’août:

Directement après mon retour en Allemagne, j’ai enchaîné avec la première semaine de formation intensive de la rentrée. Et comme l’année dernière, la reprise a été rude puisque nous avons tout de suite commencé par la séquence de level II sans préambule et avec timer: et ça m’a mise a plat pour les 7 jours à suivre. Il faut dire que j’ai pratiqué tout autrement pendant mon séjour en France: tous les jours mais moins intensivement, un peu à cause de la chaleur, un peu parce que seul, on est plus coulant 😉

La seule chose qui me reste donc de cette semaine, c’est ma planche de dessin sur mes notes sur le « séquencing ». On trouve beaucoup d’informations à ce sujet sur internet et je me suis permise la petite fantaisie que voici, qui condense en une sorte de tableau les éléments vus avec notre formateur.

sequencing-iyengar

Le découpage hebdomadaire

Si vous êtes un habitué des salles de yoga Iyengar, vous savez que:

  • la première semaine du mois on pratique les postures debout,
  • puis viennent les flexions vers l’avant la deuxième semaine,
  • en troisième semaine ce sont les flexions vers l’arrière,
  • enfin la quatrième semaine on pratique des postures dites récupératives.

Si le mois compte cinq semaines, alors on déplace les postures récupératives en cinquième semaine et on fera une semaine dite « freeestyle » (à la discrétion du prof) en quatrième semaine.

Et savez vous pourquoi ce découpage hebdomadaire? Et bien parce que c’est ce qui se fait à l’institut à Pune, par commodité. Car les étrangers viennent pour la plupart y étudier un mois complet et ils n’arrivent évidemment pas tous en début de mois. Alors pour être sûrs qu’ils aient une palette d’enseignement complète on a intégré cet ordre. Et la plupart des studios de yoga Iyengar ont repris ce système à leur compte: du coup vous pouvez être sûr que de New-York à Dehli tous les Iyengar-Yogis font des postures debout cette semaine 😉

Si vous regardez mon tableau ci-dessus, vous verrez que j’ai découpé le cours en 3 parties, un peu comme une chanson : intro / main / outro (ça c’est mon côté DJane qui ressort).

Intro

En intro, il y a toujours le « rituel de consécration » comme dirait Christian, c’est à dire en langage plus profane, qu’après avoir pris place en Svastikasana, on chante le Om trois fois, et en cours avancé on y ajoute les invocations. C’est le rituel qui ouvre la parenthèse hors du temps du cours de yoga. Tout de suite après on fera une pose qui vise à centrer l’élève, c’est à dire une pose plutôt symétrique, genre Adho Mukka Virasana.

Main

Ensuite vient le « bloc » thématique de la semaine. La semaine récupérative est un peu différente, j’en parlerai plus bas.

Pour les semaines postures debout, flexions avant et flexions arrières, il est possible de commencer par des salutations dynamiques en guise d’échauffement, mais ce n’est pas obligé. Dans les cours avancés on peut même commencer avec des postures inversées.  Sinon en général on commencera toujours par des exercices de préparation selon la thématique du cours.

Pendant la semaine des postures debout:

On commencera par des postures latérales, puis on continue par des postures ou le bassin est tourné vers l’avant, et puis on finira le bloc thématique avec des postures symétrique à l’effet « refroidissant comme Prasarita Padottanasana.

Pendant la semaine des flexions-avant:

On commencera avec des flexions avant debout, puis assises, et on inclut si possible toutes les postures de renforcement de la sangle abdominale qui sont aussi des flexions avant comme Ardha Navasana, Paripurna Navasana et en cours avancé, les équilibres sur les mains. Ici j’ai aussi noté qu’en cours avancé il est possible de finir avec une contre position, c’est à dire avec une flexion arrière.

Pendant la semaine des flexions-arrières:

Comme les deux semaines précédentes, on commence avec des exercices de préparation. Evidemment, les dites « baby-backbends » précèdent des flexions arrières plus intenses comme Urdhva dhaurasana. J’ai noté qu’il était important de prévoir assez de temps à la fin du cours pour être sûr de pratiquer des postures qui visent à calmer l’effet dynamisant des flexions arrières (surtout si le cours a lieu les soir!).

La semaine récupérative

Pendant cette semaine, il y a beaucoup de latitude, exit les salutations, jumpings et autres postures dynamiques. Ici on peut tout faire, même des postures debout à condition qu’elles soient soutenues. C’est aussi par excellence la semaine de tous les suptas, à pratiquer sans modération.

Outro

En principe en fin de cours on a toujours les inversions, si elles n’ont pas déjà été pratiquées en début. Sirsasana précède Salamba sarvangasana – ou plus généralement, tous les éléments contenant une jalandara bandha viennent en fin de cycle. En semaine récupérative, les inversions sont soutenues (par exemple rope sirsasana / chair shoulderstand).

Et puis évidemment Savasana


Conclusion

L’art du séquencing est très complexe et ces quelques règles ne sont que des points d’appui pour les profs débutants. Les grands maîtres bousculent parfois ce système pour obtenir un effet recherché sur leurs élèves et il n’y a qu’à regarder les séquences parfois données par Geeta ou Prashant à l’institut de Pune pour remarquer que leur enchaînement d’asanas n’a rien à voir avec les principes énoncés ci-dessus. Mais le yoga et le séquençage sont un apprentissage pour la vie, la meilleure règle étant d’observer quel effet aura tel ou tel autre enchaînement dans sa propre pratique. On en revient donc toujours au même mantra: « Do your practice and all is coming » comme dirait l’autre.


[alert-success]Ci-dessous quelques uns des ouvrages dont je me sers pour mes cours:

 

on trouvera beaucoup de séquences différentes dans:

[one_fourth]Yoga The Path to Holistic Health